Québec forme un comité consultatif sur l'avenir de Télé-Québec

Pendant que la ministre de la Culture et des Communications du Québec annonce la formation d'un comité consultatif sur l'avenir de Télé-Québec (TQ), le porte-parole de l'opposition en matière culturelle lui demande de revenir sur la décision de comprimer de cinq millions de dollars le budget de la chaîne publique de télévision.

Au cours d'une conférence de presse tenue à Montréal hier matin, la ministre Line Beauchamp a annoncé qu'un comité, en formation, planchera sur la mission de Télé-Québec. «Sa composition et son mandat précis seront connus en mai, a dit la ministre. Mais l'idée est claire: il s'agit d'examiner la façon de faire de Télé-Québec.»

Elle a précisé que des personnes «de l'interne et de l'externe» siégeraient à ce comité, dont certains représentants des milieux de la culture et de l'éducation, étant donné les mandats de l'institution en examen. Elle a aussi promis qu'une consultation publique suivra à l'automne.

Mme Beauchamp a ajouté que le réseau public allait «continuer à assumer sa mission culturelle et éducative», mais que ses «processus d'affaires» seraient réexaminés. La ministre a répété que TQ pourrait jouer un rôle essentiel dans la mise en oeuvre du gouvernement en ligne.

Peu après, à Québec, le député péquiste André Boisclair jugeait «vicié dès le départ» cet exercice de consultation. «Je demande à la ministre de la Culture, alors qu'elle annonce cette réflexion et ce comité, de suspendre toute compression à Télé-Québec; je lui demande de corriger le cahier des crédits», a dit le porte-parole de l'opposition officielle, en faisant référence à la compression de cinq millions imposée à TQ au dernier budget.

M. Boisclair formulera de nouveau sa proposition lors des séances d'étude des crédits mardi, dans la capitale. Il a ajouté que Télé-Québec «est sans doute aujourd'hui, dans son fonctionnement, le plus bel exemple de partenariat public-privé qui puisse exister», puisque 80 % des productions de l'entreprise proviennent de l'extérieur de la maison.

Le plan de modernisation de l'État culturel dévoilé plus tôt cette semaine prévoit en plus la fusion de la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) et des Archives nationales du Québec (ANQ). «Avec les nouvelles technologies, les mandats des deux institutions finissent par se recouper», a expliqué la ministre, en soulignant que plusieurs autres États dans le monde avaient choisi de fusionner leurs services d'archives et de bibliothèques nationales. Ottawa vient tout juste de procéder au rapprochement.

L'opposition craint que la nouvelle institution fusionnée n'installe son siège social à Montréal, alors que la direction des Archives nationales se trouve présentement dans la capitale nationale. Mme Beauchamp n'a pu préciser quand la loi constitutive de la nouvelle institution serait déposée et qui la dirigerait. La BNQ n'a pas voulu commenter la mutation. Les ANQ non plus.

En outre, voyant que les 70 millions de dollars annuels attribués aux quelque 450 musées et centres d'interprétation publics québécois sont insuffisants à répondre aux besoins, le ministère de la Culture va imposer la mise en commun de certaines fonctions par l'entremise d'un nouveau Bureau national des musées (BMN) et de centres régionaux de services.

Finalement, à la lumière de ce qui se fait en France, où elle a passé les derniers jours, la ministre Beauchamp voudrait bien accroître ici le partenariat public-privé en matière d'équipements culturels. La ministre croit qu'il s'agit d'une avenue prometteuse pour débloquer une partie des quelque 180 projets de bibliothèques, de salles de spectacles ou de lieux de patrimoine en attente de réalisation.

«Le service de la dette accapare de 21 à 22 % de notre budget cette année et cette portion passera à 25 % l'an prochain», a dit Mme Beauchamp, en référence aux charges supplémentaires imposées par la construction de la Grande Bibliothèque et d'autres équipements culturels. «Le partenariat public-privé est une voie qui mérite d'être explorée, bien qu'elle ne soit pas exclusive, pour permettre au ministère de se recentrer sur sa mission essentielle en diminuant le poids exercé sur le service de la dette.»

André Boisclair ne voit qu'un exercice insensé dans tout ce plan de modernisation. «C'est un débat de structure, une réforme de bureaucrate, dit le député en entrevue au Devoir. Je peine à trouver le sens dans l'action. Il n'y a pas non plus d'indicateurs de résultats.»