«Je veux que les jeunes Canadiens soient fiers» de Radio-Canada

Le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette, et la nouvelle p.-d.g. de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, lors de la conférence sur l’innovation intitulée «Le futur n’est pas de la fiction»
Photo: Radio-Canada Le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette, et la nouvelle p.-d.g. de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, lors de la conférence sur l’innovation intitulée «Le futur n’est pas de la fiction»

La nouvelle p.-d.g. de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a affirmé jeudi lors d’une de ses premières sorties qu’elle voulait faire en sorte que le diffuseur public ne soit pas « une agence du gouvernement qui ne bouge pas » en plus de souhaiter que les jeunes Canadiens se retrouvent à nouveau dans l’institution.

Radio-Canada tenait jeudi une journée de conférence sur l’innovation sous le titre « Le futur n’est pas de la fiction », à la fin de laquelle la p.-d.g. et son vice-président principal, Michel Bissonnette, se sont exprimés sur ce qui attend le diffuseur.

« J’espère qu’on va réussir à toucher les Canadiens chaque jour, de leur naissance jusqu’à la fin de leur vie, a dit en français Mme Tait, visiblement de connivence avec son bras droit. J’espère surtout qu’on va réussir à trouver une façon d’attirer les jeunes qu’on a perdus, je pense, depuis longtemps. Et je veux que les jeunes Canadiens soient fiers de leur diffuseur public. »

En quelques phrases, la p.-d.g., entrée en poste en avril dernier, a ensuite fait la liste de ses priorités pour l’avenir de la boîte. « Je veux absolument qu’on trouve un modèle financier stable et prévisible pour Radio-Canada et CBC. Et je veux absolument que Radio-Canada soit toujours un endroit digne de confiance, de crédibilité et de qualité. Comme on est encore, mais il faut trouver la façon de sauver ce rôle très important. »

Aux yeux de Michel Bissonnette, Radio-Canada doit adopter un style de gestion qui permet au diffuseur de « capturer l’innovation ». « Il faut être prêt à la nouveauté, à changer d’idée et à avoir un style de gestion accueillant pour ceux qui proposent des idées. »

Catherine Tait a souligné le fait qu’elle et M. Bissonnette venaient du monde de la production privée, « où on part toujours [du principe] d’innover ou de mourir. » Elle s’est dite impressionnée par l’état des services numériques de Radio-Canada, tout en ne voulant pas s’asseoir sur ses lauriers. « Il ne faut jamais oublier qu’on est des créateurs de contenus, on n’est pas des technologues, des technocrates. Il faut garder cet esprit. C’est pour ça qu’on a deux entrepreneurs, ici. On ne veut pas être une agence du gouvernement qui ne bouge pas, ce n’est pas notre métier. »

Alors que le mandat de Radio-Canada pourrait être revu par la refonte en cours de la Loi sur la radiodiffusion, Michel Bissonnette a donné au diffuseur public le droit à l’erreur dans ses tentatives d’innovation, et ce, malgré le fait que l’oeil du public et celui des médias peuvent parfois être implacables. « Je préfère défendre sur la place publique [le fait] qu’on a eu un échec plutôt que de ne pas avoir essayé. »

Ce que Mme Tait a appelé « la nouvelle stratégie » inclut aussi un désir de faire rayonner les productions radiocanadiennes à l’international. D’une part pour les faire connaître, mais « surtout pour faire rayonner la démocratie et les valeurs canadiennes. Je pense qu’on vit dans un monde tellement fragile. […] C’est surtout ça, le rôle du diffuseur public, en ce moment. »