Radio-Canada assouplit la règle des cinq minutes

À la suite du mécontentement exprimé par de nombreux travailleurs précaires de Radio-Canada, l’employeur et le syndicat ont convenu de nouvelles modalités qui auront préséance sur celles inscrites dans le texte d’origine.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir À la suite du mécontentement exprimé par de nombreux travailleurs précaires de Radio-Canada, l’employeur et le syndicat ont convenu de nouvelles modalités qui auront préséance sur celles inscrites dans le texte d’origine.

Le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) et le diffuseur public ont signé une lettre d’entente qui améliorera le sort des employés temporaires. Ceux-ci avaient décrié une clause de la nouvelle convention collective les forçant rappeler le responsable des affectations dans les cinq minutes, sous peine de sanctions.

À la suite du mécontentement exprimé par de nombreux travailleurs précaires de Radio-Canada, l’employeur et le syndicat ont donc convenu de nouvelles modalités qui auront préséance sur celles inscrites dans le texte d’origine — par ailleurs appuyé à 81 % en assemblée générale il y a un mois.

Dans le cas d’un remplacement devant être pourvu dans les 12 heures, les temporaires, qui sont sur une liste de rappel, auront maintenant dix minutes après qu’on leur a laissé un message pour contacter leur supérieur. Pour ce qui est des quarts de travail à pourvoir dans les 12 à 48 heures, le délai est augmenté à 20 minutes.

Et surtout, précise la présidente du SCRC, Johanne Hémond, les mesures disciplinaires qui se rattachaient au non-respect de cette règle des cinq minutes ont été levées. Dans la convention initiale, les temporaires en défaut perdaient pour deux semaines leur priorité sur la liste de rappel et devaient possiblement passer devant un comité de discipline.

« Ces mesures dites administratives n’existent plus dans le cas de la clause des cinq minutes, confirme au Devoir la directrice générale de l’information de Radio-Canada, Luce Julien. Ce qui veut dire qu’on va gérer ça comme n’importe quelle situation. Donc dans des cas d’abus, on pourrait prendre des mesures […] mais le caractère automatique n’est plus là. »

Pour plusieurs, la clause initiale cristallisait l’attitude que réservait Radio-Canada à ses employés temporaires.

« On a, de part et d’autre, le syndicat et nous, démontré de l’ouverture, a expliqué Mme Julien. Pour moi, c’était important d’entendre, d’écouter cet inconfort ou ce mécontentement des employés temporaires. Parce que dans le média que nous sommes, les temporaires sont aussi importants pour moi que les permanents. »

La direction estimait-elle que la clause d’origine était acceptable ? « C’est une nouvelle convention collective, il y a toujours des ajustements à faire et on a assoupli cette clause-là », dit Mme Julien, qui estime que la lettre d’entente permet « un équilibre entre les besoins de stabilité des surnuméraires et une stabilité dans les opérations. Parce que les besoins de remplacement à l’information de Radio-Canada sont très importants », le service fonctionnant 24 heures par jour, 7 jours sur 7.

Mme Julien précise par ailleurs que 30 postes permanents seront créés à l’information. En ce moment, 28 % des employés y sont surnuméraires — un chiffre qui ne prend pas compte des stations régionales, précise Radio-Canada.

Le SCRC est quant à lui bien conscient que, dans ce dossier, il s’est mis à dos plusieurs de ses membres temporaires. « On est dans un contexte où on est dans une première convention unifiée, et il va falloir mettre beaucoup d’énergie là-dessus, affirme Johanne Hémond. Mais on s’engage à veiller à ce que les droits de nos membres temporaires soient respectés. On va tout mettre en branle pour que ça soit respecté. »

La convention collective d’une durée de trois ans, ratifiée officiellement ce lundi, touche environ 3000 membres syndiqués de Radio-Canada au Québec et à Moncton. Elle encadre le travail de la nouvelle unité syndicale, qui englobe les membres du SCRC, du Syndicat canadien de la fonction publique (section locale 675) et du Syndicat des technicien(ne)s et artisan(e)s du réseau français de Radio-Canada.