La radio communautaire CHOC FM ferme

En janvier dernier, la station de radio avait mené à terme un projet de rayonnement sur lequel elle travaillait depuis plusieurs années.
Photo: iStock En janvier dernier, la station de radio avait mené à terme un projet de rayonnement sur lequel elle travaillait depuis plusieurs années.

La radio communautaire CHOC FM, qui émettait depuis la municipalité de Saint-Rémi, disparaîtra du paysage radiophonique du Québec lundi après 19 années d’existence, a annoncé le directeur général de la station, Serge Paquin.
 

Malgré des activités de financement prévues cet été, et une stratégie de développement de marché mise en branle cette année, le 104,9 cessera d’émettre dans la MRC des Jardins-de-Napierville.

En janvier dernier, la station de radio a mené à terme un projet de rayonnement sur lequel elle travaillait depuis plusieurs années afin d’atteindre plus d’auditeurs et d’émettre au-delà de la municipalité. Son rayonnement avait alors «plus que doublé», expliquait M. Paquin en juin dernier sur les ondes de sa propre station.

Mais cela n’aura pas été suffisant; ce projet aura été le «chant du cygne» de la station, indique le communiqué de presse.

«On a vu nos coûts de fonctionnement augmenter de 1500$ par mois. On n’avait pas l’infrastructure pour surmonter de tels coûts. Nous n’avons pas eu le choix», a indiqué en entrevue M. Paquin qui était en poste depuis mars dernier.

«On a fait in extremis des tentatives pour trouver des fonds, mais on aurait eu besoin d’un bon 50 000$ de liquidités pour continuer.»

Précarité
Pour Tanya Beaumont, présidente de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ), «les radios communautaires en milieu rural ont tendance à être dans une certaine précarité». Notamment si elles sont aux prises avec des problèmes d’équipements, souvent très coûteux, ou avec un manque de bénévoles produisant du contenu.

Si certaines stations arrivent à se démarquer en répondant à un besoin local, d’autres subissent aussi la compétition des radios urbaines.

«Les grands réseaux font du débordement et cela peut nuire aux stations communautaires locales, explique Mme Beaumont, alors que la diffusion de la culture régionale, de la relève, passe par ces radios-là.»

«À Saint-Rémi, nous étions en compétition avec les radios de Montréal, et je n'ai pas senti que la radio était ancrée dans sa communauté. Pourtant, on produisait du contenu local de qualité», se désole M. Paquin.
 

Trois emplois permanents seront touchés par cette fermeture. La dernière émission sera diffusée le 6 août en avant-midi.