90% des 18-34 ans s’informent surtout sur les plateformes numériques

Si les 35 ans et plus sont attachés aux médias papier, en revanche, 90% des 18-34 ans utilisent les différentes plateformes numériques comme principal moyen de s’informer.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Si les 35 ans et plus sont attachés aux médias papier, en revanche, 90% des 18-34 ans utilisent les différentes plateformes numériques comme principal moyen de s’informer.

Même s’ils sont de plus en plus connectés à Internet, entre autres par leur téléphone intelligent, les adultes de 35 ans et plus restent encore très fidèles aux médias traditionnels pour accéder aux nouvelles. En revanche, indiquent les chiffres du CEFRIO pour 2017, 90 % des 18-34 ans utilisent les différentes plateformes numériques comme principal moyen de s’informer.

L’organisme de recherche et d’innovation québécois a trié par tranches d’âge mardi ses données recueillies lors de sondages téléphoniques mensuels effectués entre février 2017 et janvier 2018, chaque fois auprès de 1000 personnes.

Et on y voit que 60 % des 18-34 ans consultent les réseaux sociaux pour trouver leurs informations. Ils sont le même pourcentage à utiliser les sites Internet pour ce faire, alors que 40 % se servent d’applications mobiles.

81%
C’est le pourcentage des 18-34 ans qui se connectent à des réseaux Wi-Fi à l’extérieur de leur domicile.
 

« Les plus vieux vont compléter leur consommation d’information médiatique avec ce qu’ils trouvent en ligne, explique Guillaume Ducharme, vice-président aux communications et aux affaires du CEFRIO. Et bien sûr, les plus jeunes sont plus nombreux à avoir un téléphone intelligent, mais ils l’utilisent davantage, c’est leur principal canal pour consulter de l’actualité. C’est donc une information intéressante pour tous ceux qui préparent les nouvelles, parce que le temps de lecture n’est pas le même sur un mobile que sur un ordinateur ou une copie papier. »

Les chiffres du CEFRIO confirment par ailleurs l’omniprésence du téléphone intelligent dans la vie des jeunes adultes : 88 % des 18-34 ans et 76 % des 35-54 ans possèdent un tel appareil mobile. « Et ça nous indique également dans tout ça une dynamique de l’hyperindividualisaiton, néolibéralisme oblige, analyse André Mondoux, sociologue, professeur à l’École des médias de l’UQAM et directeur du laboratoire de recherche GRISQ, le Groupe de recherche sur l’information et la surveillance au quotidien. Tous ces médias-là sont partis du collectif pour aller au super personnel. Avec le téléphone mobile, c’est “moi, je filtre les nouvelles, je fais ce que je veux”. Avec les défis que ça amène aussi. »

Et Netflix ?

Si les plus jeunes sont plus disposés à acheter des biens en ligne — 76 % ont fait au moins un achat en 2017 —, ils sont aussi très nombreux à être abonnés à des services de visionnement en ligne comme Netflix ou Tou.tv, selon les coups de sonde du CEFRIO. 

20%
C’est le pourcentage des 18-34 qui ont déposé un chèque en prenant une photo avec leur application mobile bancaire.

Si, globalement, 95 % des 18-34 écoutent des vidéos, des films ou des émissions sur Internet, 65 % de cette tranche d’âge est membre d’au moins un service payant de vidéo sur demande. Le pourcentage d’abonnement reste élevé dans les autres catégories d’âge : 51 % des 35-54 ans utilisent ces services, un taux qui passe à 43 % chez les 55-64 ans.

Une rupture plus tardive

L’analyse des chiffres a fait réaliser au CEFRIO qu’en technologie, le choc générationnel se fait désormais plus tardif. « Il est maintenant à 65 ans. Pendant des années, c’était à 55 ans qu’on voyait une cassure dans les usages du numérique. C’est une observation qu’on fait cette année, il y a une évolution. » 

89%
​C’est le pourcentage des 65 ans et plus qui utilisent le téléphone fixe ou résidentiel comme principal moyen de communication.
 

Arrive-t-on à un niveau de connexion à Internet de la société qui forcera le CEFRIO à adapter les critères d’analyse de ses études ? L’organisme y verra, dit Guillaume Ducharme, précisant qu’il a déjà abandonné l’analyse du temps d’utilisation d’Internet. « Parce que ça ne se mesure plus, on est constamment en train d’utiliser Internet, mais on le fait de façon déstructurée, dans des micromoments, sur plusieurs plateformes différentes. »