Vingt-cinq postes abolis au quotidien «Le Soleil»

«Les revenus ne sont pas au rendez-vous, c’est évident», a écrit le président du syndicat de la rédaction du «Soleil» à ses membres.
Photo: Catherine Legault Le Devoir «Les revenus ne sont pas au rendez-vous, c’est évident», a écrit le président du syndicat de la rédaction du «Soleil» à ses membres.

Nouveau coup dur pour les employés du quotidien Le Soleil, à Québec. Un total de 25 postes y seront abolis, dont 14 dans la salle de nouvelle, selon les informations qu’a obtenues Le Devoir.

Ces suppressions de postes font partie du plan de restructuration de l’employeur, qui a été présenté aux employés du journal mercredi après-midi. Cette restructuration sera mise en place d’ici le 1er janvier prochain, selon nos informations. Les employés qui veulent se prévaloir d’un programme de départ volontaire ont jusqu’au 1er septembre pour le faire.

Au moment où ces lignes étaient écrites, l’employeur n’avait pas retourné les appels du Devoir.

« Triste 4 juillet », a écrit le président du syndicat des employés du Soleil, Jean-François Néron, dans un courriel envoyé à ses membres et dont Le Devoir a eu copie. « Les revenus ne sont pas au rendez-vous, c’est évident. »

« Il y a de quoi s’inquiéter sérieusement, mais le plan présenté n’est peut-être pas définitif », poursuit-il.

Près du quart des effectifs de la salle de rédaction du Soleil disparaîtra, puisqu’une cinquantaine d’employés y travaillent actuellement.

Crise des médias

« Ces mises à pied confirment que la crise des médias s’accentue, causée en grande parti par la disparition des revenus publicitaires au profit de géants Américains comme Google et Facebook, qui accaparent plus de 80 % du marché publicitaire », a commenté le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Stéphane Giroux, jeudi soir.

Ces pertes d’emplois auront des impacts sur la qualité de l’information, ajoute-t-il. « La perte de journalistes sur le terrain fragilise la liberté de presse, en réduisant les ressources pour enquêter et exiger des comptes des élus, notamment. »

La Fédération nationale des communications de la CSN (FNC-CSN) réclame des mesures d’urgences de la part des gouvernements provincial et fédéral « pour éviter d’autres mises à pied ou fermetures de journaux ».

Selon le syndicat, qui représente les employés touchés, les mises à pied annoncées au Soleil sont « le dernier exemple d’une série noire qui touche toute l’industrie des médias ».

« La balle est dans le camp des gouvernements à qui nous avons présenté de nombreuses solutions à la crise médiatique. Jusqu’à présent, leurs réponses ont été inadéquates, particulièrement celles du gouvernement Trudeau. Il y a plus que jamais urgence d’agir », a déclaré sa présidente, Pascale St-Onge.

Nouvelle entreprise

En mars 2015, l’ex-ministre libéral Martin Cauchon avait acquis six quotidiens québécois des mains de Gesca, dont Le Soleil. Il a fondé l’entité Groupe Capitales Médias, qui regroupe également les journaux Le Droit, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Quotidien et La Voix de l’Est. Aucune abolition de poste n’a été rapportée dans ces cinq quotidiens mercredi.

Groupe Capitales Médias n’a pas donné suite aux demandes du Devoir. En décembre 2017, l’entreprise a reçu un prêt de 10 millions de dollars de la part du Fonds du développement économique, géré par Investissement Québec.

Le Soleil avait connu d’importantes coupes en 2014, alors que le quotidien appartenait toujours à Gesca. En novembre, la direction du journal avait aboli 16 postes, dont la moitié dans la salle de rédaction. Au printemps de la même année, une vingtaine d’employés près de la retraite avaient accepté un plan de départ volontaire.