Facebook s’associe avec l’AFP pour restreindre les fausses nouvelles

Les vérificateurs de l’AFP vont évaluer les actualités canadiennes signalées comme problématiques pour en déterminer la véracité, ou du moins ce que le réseau social appelle le «taux d’exactitude».
Photo: Catherine Legault Le Devoir Les vérificateurs de l’AFP vont évaluer les actualités canadiennes signalées comme problématiques pour en déterminer la véracité, ou du moins ce que le réseau social appelle le «taux d’exactitude».

Lourdement critiqué en raison de son rôle controversé lors de différentes élections, dont la plus récente aux États-Unis et pendant le vote du Brexit, Facebook agit de plus en plus pour circonscrire le contenu d’information sur son réseau. À plus d’un an du scrutin fédéral canadien d’octobre 2019, le géant du Web annonce aujourd’hui qu’il s’associe avec l’Agence France-Presse (AFP) pour lutter contre la propagation de fausses nouvelles au Canada, afin d’« assurer une participation civique authentique sur la plateforme ».

Facebook mettra donc sur pied ce qu’il appelle une « application indépendante de vérification des faits » alimentée par des travailleurs de l’AFP, une agence de presse reconnue et qui, souligne le réseau social dans un communiqué, fait partie du réseau international non partisan de vérification des faits du Poynter Institute.

Avec ce programme destiné aux utilisateurs canadiens de Facebook, les vérificateurs de l’AFP vont évaluer les actualités canadiennes signalées comme problématiques pour en déterminer la véracité, ou du moins ce que le réseau social appelle le « taux d’exactitude ».

Le nombre de ces vérificateurs n’a pas été dévoilé, malgré nos demandes, mais ils seront établis en sol canadien. Le travail s’effectuera à la fois sur les nouvelles en français et en anglais.

Pour certaines actualités, l’équipe de l’AFP rédigera même des articles sur leur fond, articles qui apparaîtront sous la publication originale dans le fil Facebook des utilisateurs.

Parmi les autres actions concrètes menées par ce programme, Facebook assure que les faux articles s’afficheront plus loin dans le fil d’actualités des utilisateurs, « réduisant ainsi les chances que vous les consultiez ». Aussi, les pages publiant ou partageant fréquemment de fausses nouvelles verront leur visibilité réduite, une attaque directe au portefeuille de celles-ci, car cette action, dit le géant du Web, va réduire « leur capacité à monayer » ce contenu.

Pousser la littératie numérique

Facebook n’a pas voulu dévoiler le budget de ce programme.

L’entreprise a par ailleurs annoncé mettre davantage d’énergie à outiller ses membres pour départager le vrai du faux. Un partenariat avec la firme HabiloMédias pour pousser la littératie numérique a été conclu.

« Il n’y a pas de solution miracle, mais nous continuerons de mettre en oeuvre différentes solutions afin d’assurer l’intégrité de notre plateforme pour les Canadiens, a déclaré Kevin Chan, le chef des politiques publiques de Facebook Canada, que Le Devoir n’a pu joindre. Le programme est une des façons dont nous espérons mieux cerner les fausses nouvelles partagées sur notre plateforme et réduire leur portée. »

Du côté de l’AFP, la directrice de l’information Michèle Léridon s’est dite ravie de ce contrat « témoignant de l’expertise et de la crédibilité de l’AFP en matière de vérification d’informations. Alors que les fausses nouvelles et la désinformation prolifèrent à une vaste échelle, ce projet avec Facebook est directement lié à la mission fondatrice de l’agence ainsi qu’au travail accompli par notre réseau de journalistes pour offrir un service de nouvelles authentifiées fiable et de qualité, et ce, sur une base quotidienne. »

Par ailleurs, la semaine dernière, Facebook avait annoncé le lancement d’un système pour vérifier l’authenticité des photos et des vidéos, dans le cadre de ses efforts pour contrer les campagnes de désinformation ayant affecté la plateforme.