Postmedia ferme six journaux et va réduire sa masse salariale de 10%

Le siège social de l’entreprise médiatique canadienne Postmedia, à Toronto
Photo: Chris Young Archives La Presse canadienne Le siège social de l’entreprise médiatique canadienne Postmedia, à Toronto

L’entreprise médiatique canadienne Postmedia a annoncé qu’elle réduira de 10 % sa masse salariale d’ici le 31 août, en plus de fermer six journaux albertains et ontariens et d’en limiter d’autres à leur site Web.

Postmedia, entre autres propriétaire du National Post et de The Gazette au Québec, a expliqué dans une missive aux premières lignes pourtant optimistes que « la réalité à laquelle nous devons faire face est que le ballon des revenus traditionnels continue de se dégonfler à un rythme bien plus grand que celui avec lequel nous sommes capables de gonfler le ballon des revenus numériques ».

Six journaux fermeront donc leurs portes, soit les publications albertaines du Camrose Canadian et du Strathmore Standard, ainsi que les imprimés ontariens Kapuskasing Northern Times, Ingersoll Times, Norwich Gazette et Petrolia Topic. Quatre autres cesseront d’être imprimés et ne survivront qu’en version en ligne, dont le Pembroke Observer, fondé il y a 163 ans, soit plusieurs années avant même la naissance officielle du pays.

« La décision de fermer ces journaux a été difficile, mais ces titres n’étaient plus profitables, a expliqué au Devoir Phyllise Gelfand, vice-présidente aux communications chez Postmedia. Notre structure de coûts doit s’aligner avec le nouveau modèle d’affaires. »

Autre mesure, l’entreprise médiatique a aussi décidé de réduire les dépenses salariales de 10 % d’ici la fin de l’année fiscale, soit le 31 août. Mme Gelfand a précisé que Postmedia n’avait pas un nombre spécifique de postes à supprimer. « Mais à la fin de l’année fiscale 2017, nous avions l’équivalent d’approximativement 3315 employés à temps plein », a-t-elle précisé.

En novembre, Torstar et Postmedia ont annoncé qu’ils avaient échangé un total de 41 publications, principalement en Ontario, pour cesser de publier la plupart d’entre elles, ce qui a entraîné la perte de 291 emplois.

Les syndicats réagissent

Rapidement après l’annonce de Postmedia, les syndicats canadiens ont réagi en rappelant entre autres l’impact de Facebook et de Google sur les revenus des médias canadiens. Le syndicat Unifor a interpellé le gouvernement fédéral et demandé son action rapide pour aider la presse.

« Combien d’autres journaux communautaires devront disparaître avant que ce gouvernement réalise que le temps presse pour sauver les nouvelles locales ? » a déclaré Jerry Dias, président national d’Unifor.

Du côté du syndicat CWA Canada, le président Martin O’Hanlon a affirmé par communiqué qu’« il est clair que Postmedia existe uniquement pour verser de l’argent à ces créanciers de fonds vautours qui gardent le p.-d.g. dans leur petite poche avec de grosses primes alors que le journalisme est une arrière-pensée ».