Convention collective unie: le syndicat appelle à un «rejet fort» de l’offre de Radio-Canada

Les employés du Québec et de Moncton votent à partir de samedi sur la proposition du diffuseur public.
Photo: David Afriat Archives Le Devoir Les employés du Québec et de Moncton votent à partir de samedi sur la proposition du diffuseur public.

Dans un geste surprenant posé après une journée complète de discussions avec ses différentes instances, le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) a appelé ses membres à un « rejet fort » de la plus récente proposition de convention collective soumise par le diffuseur public.

« Le 8 juin dernier, Radio-Canada déposait une offre globale au comité de négociation du SCRC, peut-on lire dans une missive interne dont Le Devoir a obtenu copie. Après une étude approfondie du contenu de celle-ci, les trois instances du syndicat, à savoir le Comité de négociation, le Bureau syndical et le Conseil syndical, recommandent toutes à l’unanimité le rejet avec force de cette proposition globale de l’employeur. »

Cette décision se produit à quelques heures du début d’une ronde de votes, qui commence à Montréal ce samedi et qui se poursuivra un peu partout au Québec et à Moncton dans les prochains jours.

Les employés syndiqués sont appelés — cette fois par vote secret — à se prononcer sur le texte de ce qui serait la première convention d’une nouvelle structure syndicale radio-canadienne qui rassemble environ 3000 membres. Elle comprend trois anciens regroupements, le SCRC, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Syndicat des techniciens (ne) s et artisan(e) s du réseau français (STARF). Chacune des entités avait des conditions de travail différentes.

Le 21 avril dernier en assemblée syndicale au Palais des congrès de Montréal, les membres du SCRC avaient rejeté à 56 % la première entente de principe conclue avec le diffuseur public. Les négociations sont en cours depuis plus de deux ans.

La plus récente offre patronale « montre quelques améliorations, mais j’estime qu’en bout de ligne on est plus perdants que gagnants comparativement à notre statut actuel », a expliqué sans vouloir se nommer une syndiquée surnuméraire de Radio-Canada.

Si le dossier des employés temporaires était au coeur du premier rejet en avril, c’est le dossier de la sous-traitance qui semble maintenant agacer plusieurs employés, dont des permanents. Le projet de convention global permet à Radio-Canada de confier à des partis extérieurs différentes activités. « Ça ouvre la porte solide à la sous-traitance de tous les secteurs de Radio-Canada », a confié une autre source près du syndicat.

Toutes les instances du SCRC ont aussi voté à l’unanimité vendredi un « avis de différent », qui sera transmis à Radio-Canada. Cet avis enclenche un processus réglementé menant à l’arrivée d’un médiateur dans les 15 jours, une période de conciliation de 60 jours, et éventuellement de l’acquisition du droit de grève ou de lockout.

« On n’en est pas là, toutefois », explique un proche du syndicat, qui précise que Radio-Canada a le désir de régler les négociations avant l’arrivée au 1er juillet d’un nouveau conseil d’administration et de la nouvelle directrice générale, Catherine Tait.