Le public et les journalistes américains sont sur la même longueur d’onde

Le double coup de sonde survient dans un contexte où le président des États-Unis, Donald Trump, attaque sans relâche les médias et où la presse écrite ne cesse de perdre des plumes.
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le double coup de sonde survient dans un contexte où le président des États-Unis, Donald Trump, attaque sans relâche les médias et où la presse écrite ne cesse de perdre des plumes.

Il y a presque consensus entre le public et les journalistes américains concernant ce que les premiers souhaitent obtenir des médias et ce que les seconds désirent couvrir, selon deux sondages.

Le scepticisme du public face au journalisme est alimenté par sa méconnaissance du processus journalistique, particulièrement à une époque où les choses évoluent rapidement, indiquent les deux sondages publiés lundi par Media Insight Project.

Ces études, l’une menée auprès du public et l’autre auprès des reporters, sont le fruit d’une collaboration entre l’Associated Press, le NORC Center for Public Affairs Research et l’American Press Institute.

Le double coup de sonde survient dans un contexte où le président des États-Unis, Donald Trump, attaque sans relâche les médias et où la presse écrite ne cesse de perdre des plumes. Cette situation semble avoir eu un effet dévastateur sur le moral des journalistes. Selon les sondages, trois reporters sur quatre estiment en effet que la confiance du public envers les médias a baissé au cours de la dernière année. Pourtant, seulement 44 % des Américains ont dit faire moins confiance aux médias.

En fait, ce que le public recherche concorde avec ce que la plupart des journalistes souhaitent lui donner: des reportages basés sur des faits contextualisés et analysés, souligne Tom Rosenstiel, directeur général de l’American Press Institute. Le public n’a toutefois pas l’impression que les médias lui fournissent suffisamment d’articles de ce genre, 42 % des personnes interrogées affirmant que les reporters versent trop dans le commentaire.

M. Rosenstiel ajoute que les journalistes ne peuvent pas tenir pour acquis que le public sait quel type d’information il obtient. De nombreux termes et pratiques journalistiques sont liés à la presse écrite alors que les Américains s’informent de plus en plus en ligne, où l’origine des reportages n’est pas toujours claire, fait-il valoir. Les journaux ont des sections consacrées aux éditoriaux et aux lettres d’opinion, mais la moitié des participants aux deux sondages ne savent pas ce que ces mots veulent dire.

Cela explique peut-être pourquoi la plupart des Américains âgés de 18 à 29 ans croient que les nouvelles ne sont pas exactes, alors que la majorité de ceux âgés de 30 ans et plus pense qu’elles sont plutôt exactes.

Le premier sondage a été effectué auprès de 2019 adultes du 21 mars au 17 avril avec une marge d’erreur de plus ou moins trois points de pourcentage. Le second a été réalisé auprès de 1127 journalistes du 1er mars au 12 avril avec une marge d’erreur de plus ou moins 3,5 points de pourcentage.