Luce Julien, du «Devoir», est nommée à la direction de l’information de Radio-Canada

La priorité de Luce Julien sera de « traverser sans fausses notes » la campagne électorale provinciale qui aura lieu cet automne.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir La priorité de Luce Julien sera de « traverser sans fausses notes » la campagne électorale provinciale qui aura lieu cet automne.

Elle a passé de nombreuses années dans les murs de Radio-Canada, et elle y retourne maintenant. La rédactrice en chef sortante du Devoir, Luce Julien, a été nommée directrice de l’information du diffuseur public, en remplacement de Michel Cormier, qui a annoncé sa retraite en mars dernier.

Luce Julien devient la première femme à la direction de l’information du diffuseur public, un fait dont elle s’est dite « assez fière » lors d’un point de presse téléphonique. Bonne joueuse, elle a souligné la forte présence féminine dans les différents postes de direction de la grande tour, en plus de préciser qu’avant la fusion des différents services de Radio-Canada, Geneviève Guay avait déjà occupé la direction de l’information à la radio.

La sélection du remplaçant de Michel Cormier au prestigieux poste a fait l’objet d’une procédure inhabituelle à Radio-Canada, menée par le cabinet Boyden, en collaboration avec un comité interne formé de quatre hauts placés radiocanadiens anciens et actuels, ainsi que de Lise Bissonnette et de Carole Beaulieu.

« C’est un processus qui a été fait avec rigueur », a tenu à souligner le vice-président principal de Radio-Canada, Michel Bissonnette, qui a ajouté que « la candidature de Luce [Julien] s’est distinguée dès le début du processus » malgré les nombreuses personnes intéressées. Mme Julien entrera officiellement en poste le 31 juillet.

Luce Julien quitte donc Le Devoir, où elle avait fait son entrée à titre de rédactrice en chef en février 2016. Dans le passé, elle a oeuvré pendant 23 ans à Radio-Canada, où elle a dirigé les nouvelles pour la radio, pour ICI RDI, en plus de gérer l’information multiplateforme et numérique. Elle a entre autres lancé les émissions 24/60, Les ex et RDI économie.

Au Devoir, Luce Julien aura entre autres été derrière le lancement de l’application mobile et le nouveau site Web du quotidien, en plus d’avoir piloté la création du D Magazine, petite révolution des pages culturelles du quotidien de la rue Berri.

« L’information [à Radio-Canada] a des défis fort importants, notamment celui de s’assurer qu’on demeure pertinents, crédibles, qu’on soit présents sur toutes les plateformes, a expliqué Michel Bissonnette. Et assurément, le mélange d’expérience, de dynamisme et de vision de Luce va y contribuer en ce sens-là. Je suis ravi de voir quelqu’un avec une telle éthique et une telle rigueur journalistique prendre les rênes de l’information. »

En 2015, le chef des nouvelles sortant, Michel Cormier, avait eu des divergences avec Luce Julien sur la nature et la portée du rôle qu’il envisageait pour elle, ce qui avait mené au départ de celle qui avait jadis le titre de première directrice des nouvelles multiplateformes et de l’information numérique.

Vendredi, en conférence téléphonique, M. Cormier s’est dit « ravi » de son retour, estimant que non seulement Mme Julien connaît « très bien Radio-Canada, mais [qu’]elle arrive aussi avec un regard neuf sur des défis qui lui sont familiers, et je pense que ce sera un atout important ».

Un défi emballant, un mandat de continuité

« Je quitte Le Devoir avec tristesse, mais le défi actuel est extrêmement emballant », a expliqué Mme Julien, qui a confié que la direction générale de l’information n’était pas un poste qu’elle convoitait avant le départ à la retraite de M. Cormier.

« J’étais à 1000 % au Devoir, avec une équipe formidable, a-t-elle dit. On m’a sollicitée pour participer au concours. Et c’est certain que la direction générale de l’information de Radio-Canada, c’est 800 employés, c’est être chef des politiques journalistiques à travers le pays, c’est un rôle extrêmement important en matière de journalisme, de vision du journalisme du futur. Franchement, c’était difficile de ne pas y songer sérieusement. »

Sa priorité sera de « traverser sans fausses notes » la campagne électorale provinciale qui aura lieu cet automne. « Parce que les citoyens ont énormément d’attentes et qu’on n’a pas droit à l’erreur comme service public. »

Luce Julien dit avoir un « mandat de continuité », les chiffres étant plutôt bons pour le diffuseur public, autant à la radio et à la télé qu’au Web. Elle ajoute toutefois que, comme plusieurs autres médias, Radio-Canada est confronté aux changements des habitudes d’écoute et de consommation de l’information.

« Un pas de côté » pour Le Devoir

Dans un mot aux employés du Devoir, le directeur, Brian Myles, a expliqué que le quotidien « fait un pas de côté avec le départ de Luce [Julien], mais il ne recule pas. Les bases sur lesquelles nous avons construit le virage numérique du Devoir depuis deux ans restent intactes, a-t-il dit. Luce Julien a grandement contribué aux efforts pour faire passer Le Devoir d’un journal à un média d’information ».

Un nouveau rédacteur en chef devrait être nommé « dans les plus brefs délais, au plus tard avant le début des vacances d’été », a spécifié M. Myles, qui assume l’intérim avec l’appui des responsables de la direction de l’information du Devoir.

5 commentaires
  • Andrée Le Blanc - Abonnée 25 mai 2018 16 h 46

    Rédactrice en chef

    Je comprends le départ de Mme Julien, qui rejoint une maison qu'elle a quitté tout en y laissant une grande partie de son histoire et de son coeur. Je ne connais pas les motivations des uns et des autres, mais je me prends à rêver d'un autre retour à la maison, celui de Josée Boileau...

    Sans doute bien naïve, mais je m'ennuie de son regard et de son énergie...

    Bonne suite au Devoir, quoiqu'il se passe dans la salle de rédaction, après les périls sur la terrasse !

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 26 mai 2018 10 h 08

      «...mais je me prends à rêver d'un autre retour à la maison, celui de Josée Boileau...»

      Puisse la direction du Devoir vous entendre Mme Leblanc!
      «L'ambitieux plan de recapitalisation» n'explique pas tout, les journalistes politiques, objectives et compétentes, sont une denrée rare au Devoir.

      Mme Boileau au poste de directrice en chef serait un atout pour le Devoir. Trop de femmes ont été largué par la nouvelle direction, depuis le départ de M. Descôteaux il y a deux ans. Depuis, de nouveaux employés venus en grande partie de Radio-Can et affiliées, sont venus perchés au journal lui conférant une couleur de type ryannienne.

      La «récapitalisation» et le profit, aussi importants soient-ils pour sa survie, ne suffisent pas à intéresser les lecteurs. il faut des idées, des enquêtes, des ouvertures, de la profondeur et non pas seulement, comme trop souvent, des opinions personnelles bien arrêtées sur des sujets politiques et sociaux. Le Devoir est - du moins fut - un journal indépendant et libre dans tous les sens du terme. On a tendance à l'oublier.

      https://www.ledevoir.com/opinion/idees/516096/le-devoir-realise-un-plan-ambitieux-de-recapitalisation

  • Denis Paquette - Abonné 26 mai 2018 02 h 33

    enfin peut être est-ce la vie qui est ainsi

    peut-être que les élites ont beson de se renouveler périodiquement, pour y avoir oeuvré pendant des années, j'en sais quelques chose, , peut être que la difficulté est celui d'être aussi fonctionnaire, combien j'en ai vus, pres a tout pour une promotion, - peut être est- ce pourquoi, ,nous mettons aujourd'hui en question cette institution

  • Réal Ouellet - Inscrit 26 mai 2018 10 h 27

    Manque de piquant..

    Depuis le départ de Josée Boileau, je trouve le Devoir sans saveur...

    • Jean-Charles Morin - Abonné 27 mai 2018 15 h 51

      La bien-pensance est le plus souvent sans saveur. C'est comme ça...