Quand National Nation niaise avec la puck

C’est Jean-François Provençal qui a décidé que l’équipe jetterait son dévolu sur «Lance et compte» et le National de Québec.
Photo: Canal D C’est Jean-François Provençal qui a décidé que l’équipe jetterait son dévolu sur «Lance et compte» et le National de Québec.

Avec un scénario écrit au surligneur, des personnages hypertypés, des rebondissements à la tonne et des malaises à la pelle, Lance et compte est devenue une série culte de la télévision au Québec. Et depuis octobre dernier, les aventures de Pierre Lambert, dit « Le Chat », ont trouvé une nouvelle vie avec le balado humoristique National Nation. Lance et compte analysé, qui entame dans les prochains jours sa troisième saison.

Lancée par l’ex-Appendices Jean-François Provençal, la production audio pour emporter s’amuse allègrement à raconter et à décrypter un à un les épisodes de la série créée par Réjean Tremblay dès 1986. Voilà une façon de retrouver dans une ambiance à la bonne franquette les personnages Jacques Mercier, Nounou, Maroussia, Denis Mercure et autres Marc Gagnon et Mac Templeton.

L’équipe de créateurs de National Nation est composée de Provençal, de Mathieu Poirier ainsi que de Yannick Belzil et Pierre-Luc Racine, tous deux aussi du balado 3 bières. Les quatre amis ont terminé en avril l’épluchage comique des deux premières saisons de Lance et compte, et ils s’attaqueront dans les prochains jours à la troisième saison, diffusée en 1989.

Mais… pourquoi ? Pourquoi pas, répond Jean-François Provençal. « Notre mission, c’est pas que les gens adorent Lance et compte. Notre but, c’est de faire rire le monde, de les divertir, dit le comédien, réalisateur, musicien et humoriste. Mais au lieu que ce soit juste des discussions avec du monde qui boivent de la bière, c’est des discussions autour d’un sujet. Ça nous permet de faire des blagues et de niaiser, mais aussi d’être un peu sérieux et de parler de scénarisation, de personnages. »

Photo: Canal D L’acteur Carl Marotte interprétait Pierre Lambert, vedette du National.

C’est Provençal qui a décidé que l’équipe jetterait son dévolu sur Lance et compte et le National de Québec. Et pourtant, avant de commencer National Nation, il n’avait jamais visionné un épisode de la série, comme son collègue Pierre-Luc Racine.

« Lance et compte, c’est une série qui est très marquante au Québec. Tout le monde connaît un peu ça. Et c’est un peu notre Breaking Bad à nous autres, c’est très excitant à la fin des épisodes, souligne-t-il. Et aussi il y a un côté risible. Des fois, ils sont habillés étrangement, ou il y a des drôles de répliques, ou des comédiens ne sont pas bons, ou le scénario n’a pas d’allure. Il y a du matériel à rire. Et en même temps, c’est dramatique, et aussi des fois c’est super bon. T’as les deux côtés de la médaille. »

Avant l’enregistrement de chaque chapitre de leur balado, les quatre comparses écoutent ensemble l’épisode de Lance et compte qu’ils vont scruter. Chaque production dure environ 30 ou 40 minutes et commence par un résumé de ce qui se passe dans la série.

En gros, c’est faire de la radio sur la télé ? « Mais t’as pas vraiment besoin de voir l’épisode pour apprécier, dit Jean-François Provençal. C’est un format qui existe plus aux États-Unis, il y a beaucoup de podcasts d’écoute de télé. » Sans oublier les analyses de séries majeures, comme Talking Dead qui se penchait sur Walking Dead.

Et l’écriture ?

Provençal plonge donc dans chaque épisode avec un regard neuf, mais avec beaucoup d’expériences personnelles de télévision, lui qui scénarise, réalise et joue. Son verdict ?

« En fait, c’est comme Game of Thrones, il y a vraiment beaucoup de personnages, ose-t-il. Mais ce qui est cool de Réjean Tremblay, c’est qu’il présente toujours très bien ses personnages. On sait exactement ça va être qui. Ah, lui c’est un colérique, il pète une coche au début, et même qu’il y a une chance que son nom soit genre Jean Fâché. Et des fois, c’est pas subtil pantoute, mais c’est de la télé rapide, c’est des 20 minutes, on n’a pas le temps de niaiser avec le puck, il y a trop d’affaires qui se passent. »

D’ailleurs, Réjean Tremblay sait que le balado existe, et il a même appelé Jean-François Provençal à ce sujet. « J’avais peur qu’il me poursuive, mais finalement il veut me donner des documents, il veut m’aider. C’est quand même pas pire. Même que des fois, il écrit sur notre page Facebook, il répond aux gens ! »

L’équipe de National Nation l’a-t-il invité pour venir commenter avec eux ? « On pourrait faire un épisode spécial, peut-être après la vieille génération, et faire une heure avec lui. Mais à chaque épisode, non, parce que des fois on le critique sévèrement ! »

C’est qu’il ne manque pas d’invraisemblances et de malaises dans cette série télé. De l’étrange scène d’amour entre Suzie Lambert et Patrick Devon à la blague de fille mineure de Lulu, en passant par un monumental moment de blackface. « Des fois, je ne peux pas croire que c’est passé à la télé, lance Provençal. Tsé, non seulement toute l’équipe a un blackface, mais il y a un des joueurs qui a même un anneau dans le nez. Ahhh ! Qu’est-ce que vous faites ? Pourquoi vous faite ça ? »

National Nation ne s’arrêtera pas avec sa troisième saison. Que nenni. Les quatre guerriers vont ensuite se taper les téléfilms, la nouvelle génération des Lance et compte ainsi que les longs métrages. Vaste programme.

« J’ai pensé à la suite, et je vais peut-être faire Les filles de Caleb. » Go, go go !

Des moments forts

Avec deux saisons de Lance et compte derrière la cravate, Jean-François Provençal a déjà ses moments fétiches de la série culte.

Patrick Devon. « J’aime beaucoup la mort de Patrick Devon en moto, avec Marina Orsini au balcon qui crie “Patriiiick !” Et c’est drôle parce qu’on s’est un peu obstinés dans l’équipe. Il y en a qui disaient que c’était un accident. Mais c’est clairement un suicide selon moi. Il pourrait vraiment l’éviter, ce camion-là. En tout cas. »

Yum Yum. « Une des scènes marquantes, c’est quand Pierre Lambert et Denis Mercure se font repêcher par l’équipe. Ils sont livreurs de chips, ils sortent de leur camion et dansent dehors sur un banc de parc ! »

Cristaux. « Il y a aussi toutes les affaires de sphères d’énergie et de pyramides, de saut en parachute à l’intérieur… C’est tellement bizarre, qu’est-ce que c’est que ça ? Le personnage de Marilou est très space, elle est dans l’énergie positive et dans les cristaux, et ça sert absolument à rien. Je trouve ça malade ! »

National Nation. Lance et compte analysé

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