Les oppositions prêtes à aider «La Presse»… mais les autres médias aussi

Le président de «La Presse», Guy Crevier, a annoncé mardi la transformation du média en organisme à but non lucratif.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le président de «La Presse», Guy Crevier, a annoncé mardi la transformation du média en organisme à but non lucratif.

L’ensemble des partis d’opposition à Québec se sont dit ouverts mercredi à aider les médias du Québec, mais pas en suivant une formule imposée par Ottawa ni en favorisant un organe de presse au détriment d’un autre.

« Le gouvernement fédéral, dans son budget, a donné cette recette-là aux familles riches qui possèdent des journaux, en disant : si vous en faites un OBNL, je vais vous aider. […] Et d’ailleurs, ils étaient transparents hier à La Presse en disant que c’est pour ça qu’ils le faisaient », a déclaré le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

Tous les partis d’opposition avaient à leur agenda mercredi une rencontre avec le président de La Presse, Guy Crevier, qui a annoncé la veille la transformation du média en organisme à but non lucratif. Une telle mutation requiert l’accord des parlementaires afin qu’ils abrogent une disposition d’une loi privée de 1967 qui encadre la structure de propriété du quotidien.

« Les gens de La Presse, je vais leur dire : est-ce qu’on va pouvoir avoir de la transparence, est-ce qu’on va pouvoir savoir quelle est l’ampleur des pertes qui ont été [subies] ces dernières années et comment vous pensez que ces pertes-là ne seront pas récurrentes si vous devenez un OBNL et que vous avez de l’argent gouvernemental? » a demandé M. Lisée.

Comme lui, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a souligné l’importance de créer une structure « indépendante » à La Presse, autant dans son conseil d’administration qu’au sein de sa direction. « Il doit y avoir équité avec les concurrents, peu importe leur forme d’actionnariat. Donc, il faut s’assurer de l’indépendance et de l’équité », a-t-il ajouté.

Le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a dénoncé l’approche « au cas par cas » du gouvernement Couillard, qui a octroyé un prêt de 500 000 $ au Devoir et un prêt de 10 millions au Groupe Capitales Médias. « Moi, ce que je préfère, c’est d’avoir un programme équitable, qui s’applique à tout le monde, autant au point de vue régional qu’au point de vue national », a-t-il déclaré. Jean-François Lisée et François Legault se sont eux aussi dit en faveur d’un programme normé. À ce sujet, ils ont salué l'instauration, par le dernier budget du Québec, d'un crédit d'impôt de 35 % visant à « appuyer la transformation des entreprises de la presse d’information écrite ».