Décès de l’animateur et journaliste André Payette

André Payette
Photo: Télé-Québec André Payette

Son éternel noeud papillon était devenu en quelque sorte l’étendard de Nord-Sud, son émission diffusée par Radio-Québec. Pendant huit ans, André Payette y a invité ses auditeurs à mieux saisir les tensions planétaires par l’entremise d’une formule comprenant un reportage, une entrevue et un bulletin d’informations. L’émission s’est arrêtée en 1991. Ce sera la dernière grande émission à laquelle son image fut directement associée.

Ses débuts dans le journalisme professionnels remontent en 1953. À Trois-Rivières, à l’antenne de CHLN où il travaille à compter de 1954, il se trouve aux côtés de Georges Dor, Raymond Lebrun, Jacques Dufresne, Gilles Leclerc, Pierre Bourgault, mais aussi son épouse. En 1951, André Payette a épousé Lise Ouimet, bientôt connue comme animatrice puis comme ministre sous le nom de Lise Payette. Avant de divorcer en 1972, le couple aura trois enfants : Daniel, avocat, Dominique, journaliste, et Sylvie, scénariste.

André Payette sera derrière le micro de différentes radios, dont CKAC, CHRC, Radio-Mutuel et Radio-Canada. Pour cette dernière, il est envoyé à Paris en 1958. Il y restera en poste six ans. L’Europe lui permet de se familiariser avec nombre de pays. Les affaires internationales deviendront une de ses spécialités, ce dont témoignera au mieux l’émission Nord-Sud à la fin de sa carrière.

À la télévision, André Payette se fait une place comme animateur d’émissions d’actualités politiques, dont Politique atout et Le 60. On le trouvera au service de nombre de diffuseurs, en anglais comme en français : TVA, CTV, Radio-Canada, Radio-Québec. Il va aussi collaborer à la presse écrite. Il signe des textes pour L’Événement-Journal, La Frontière, la Voix-libre, le Globe and Mail, La Presse, Le Devoir. Dans les années 1960, il est rédacteur en chef de la revue Liberté.

À compter de 1969, pendant dix ans, André Payette anime l’émission Présent à l’écoute à l’antenne de Radio-Canada. C’est l’émission qui le fait le plus connaître du grand public dans les années 1970. Le Syndicat fédéral de la presse française lui décerne en 1976 le prix Pierre-Mille.

Candidat conservateur

Pour André Payette, « les médias n’ont aucun pouvoir, mais une grande puissance et ils exercent une influence certaine sur les politiciens ».

En 1978, Joe Clark, le jeune chef du parti conservateur fédéral, le convainc d’être candidat sous la bannière des conservateurs. En mars 1978, André Payette annonce qu’il sera candidat dans la circonscription de Montréal–Sainte-Marie. Il est défait.

Le Québec a voté de façon écrasante pour les libéraux de Trudeau. Les conservateurs forment néanmoins un gouvernement minoritaire où, à la demande du premier ministre Clark, Payette va jouer le rôle de conseiller principal en communication. Éphémère, ce gouvernement conservateur est battu le 18 février 1980. Et Payette se voit forcé de tenter un retour au journalisme. Les portes lui sont fermées. Les temps sont difficiles.

Né à Montréal dans le quartier populaire de Saint-Henri en 1930, André Payette va étudier à Ottawa avant de revenir au Québec. Il joue au théâtre avec les Compagnons de Saint-Laurent du père Émile Legault, pose nu pour une école d’art, fréquente des artistes et des écrivains. Au moment où il termine des études de philosophie à l’Université de Montréal, iI collabore au journal Le Quartier latin et suit une formation d’officier dans l’armée canadienne.

En 1999, André Payette a publié des mémoires sous le titre d’Un journaliste se raconte. Il a été chargé de cours en journalisme dans différentes universités. Sa fille Sylvie Payette a annoncé son décès, survenu dimanche.