Appels au rejet de l’entente de principe de Radio-Canada

Les employés ayant pris leur retraite pendant les longues négociations ont eu la mauvaise surprise de voir que l’accord ne leur permettrait pas d’obtenir les hausses salariales rétroactives que toucheront les autres employés de la société d'État. 
Photo: David Afriat Le Devoir Les employés ayant pris leur retraite pendant les longues négociations ont eu la mauvaise surprise de voir que l’accord ne leur permettrait pas d’obtenir les hausses salariales rétroactives que toucheront les autres employés de la société d'État. 

Tracts distribués, t-shirts imprimés et courriels envoyés en haut lieu : plusieurs employés précaires et récemment retraités de Radio-Canada appellent au rejet de la récente entente de principe intervenue entre le diffuseur public et le nouveau regroupement de trois syndicats. L’accord doit être ratifié en assemblée générale samedi.

La nouvelle structure syndicale radio-canadienne englobe les membres du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), du Syndicat canadien de la fonction publique et du Syndicat des technicien(ne)s et artisan(e)s du réseau français (STARF). L’entente de principe est donc complexe, certains y faisant des gains, d’autres perdant des plumes.

Cette dernière catégorie n’a pas décoléré depuis une semaine, particulièrement les employés temporaires de l’ancien SCRC. Au coeur de leur colère se retrouve une nouvelle méthode complexe d’appel au travail, qui exigerait de grandes disponibilités et qui inclut une approche punitive, qui par moments ne tient pas compte de l’ancienneté.

« Affaiblir les conditions des temporaires, c’est affaiblir les conditions de tous et c’est miner la qualité de notre environnement de travail pour les années à venir », peut-on lire sur un tract distribué dans la Tour montréalaise et dont Le Devoir a obtenu copie. Des t-shirts sur lesquels il est inscrit « Pour des pinottes, on vote non » ont aussi fait leur apparition.

« La grogne est à Sherbrooke, à Matane, à Trois-Rivières, raconte au Devoir un employé temporaire de Radio-Canada. Ce qui touche aux temporaires est complètement byzantin, et inclut des reculs sérieux. »

Au moment d’écrire ces lignes, la direction du syndicat n’avait pas donné suite aux appels du Devoir.

Selon plusieurs sources à l’interne, les appels se multiplient pour le rejet de l’entente de principe. Les employés temporaires représenteraient plus du tiers des 3000 membres du nouveau syndicat uni. « Il y a beaucoup de surnuméraires chez les caméramans, chez les monteurs, les journalistes, les édimestres… Il y a beaucoup de corps de métier là-dedans », raconte une précaire présente à Radio-Canada depuis plus de dix ans.

« On se dit qu’il faut retourner à la table de négociation et faire comprendre à l’employeur avec un vote massif qui rejette l’entente qu’on n’est pas pour ça, et que les surnuméraires, c’est le sang et l’oxygène de la boîte, ajoute cette source. Ce sont des visages connus, des voix connues, et sans nous, il n’y a pas d’information à Radio-Canada. »

Les retraités

Les employés ayant pris leur retraite pendant les longues négociations ont quant à eux eu la mauvaise surprise de voir que l’accord syndical-patronal ne leur permettrait pas d’obtenir les hausses salariales rétroactives que toucheront les autres employés — qui sont d’environ 1,5 % par année et qui dans certains cas reviennent quatre ans en arrière.

Denis Côté, qui a travaillé 35 ans à Radio-Canada, surtout à Québec, et deux de ses collègues, Denis Chartier et Jocelyn Létourneau, ont fait parvenir leurs doléances à la direction et au comité de négociation.

M. Côté estime qu’il y a quelque 300 retraités dans cette situation et espère que les syndiqués toujours actifs seront solidaires à leur cause en votant contre l’entente de principe.

« Je pense que les temporaires et les retraités on fait partie des concessions, des laissés pour compte. »