Une entente de principe conclue sur fond d’inquiétude à Radio-Canada

L’entente de principe touche environ 3000 membres syndiqués de Radio-Canada au Québec et à Moncton.
Photo: Jean-François Leblanc L’entente de principe touche environ 3000 membres syndiqués de Radio-Canada au Québec et à Moncton.

Après presque deux ans de négociations, une entente de principe est intervenue entre CBC-Radio-Canada et le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC). Le résultat des discussions, forcées par le regroupement de trois unités syndicales, sera soumis aux membres le 21 avril, sous l’oeil attentif d’employés temporaires inquiets de leurs futures conditions.

Radio-Canada et le SCRC ont publié jeudi un communiqué commun après des négociations intensives s’étant terminées tôt le matin.

L’entente de principe touche environ 3000 membres syndiqués de Radio-Canada au Québec et à Moncton. Elle pourrait permettre la ratification d’une première convention collective, d’une durée de trois ans, entre le diffuseur public et la nouvelle structure syndicale englobant les membres du SCRC, du Syndicat canadien de la fonction publique (section locale 675) et du Syndicat des technicien(ne)s et artisan(e)s du réseau français de Radio-Canada.

Le défi était de taille, insiste Johanne Hémond, présidente du SCRC, qui a chapeauté les négociations.

On a fait face à une demande énorme de l’employeur pour tout refaire

Sans se prononcer sur le détail de l’entente, Mme Hémond admet ne pas avoir pu répondre à toutes les demandes des membres. « Mais je crois qu’on est arrivés à quelque chose d’acceptable et qu’on va pouvoir passer à une autre étape. »

Les négociations, qui se sont déroulées dans le contexte du déménagement de la Maison de Radio-Canada en 2020, ont été particulièrement difficiles en ce qui concerne les changements technologiques, la polyvalence des employés et les statuts d’emploi des travailleurs précaires, éléments qui n’étaient pas cohérents d’un syndicat à l’autre, dit Mme Hémond.

Craintes des précaires

Des employés précaires de Radio-Canada se sont d’ailleurs inquiétés dans les derniers jours des négociations, qui au dernier cycle de discussion du 4 avril leur laissaient présager des conditions difficiles.

Plusieurs sources à l’interne ont raconté au Devoir que la grogne était forte chez les employés temporaires du diffuseur public. Un représentant syndical du comité de négociation qui était surnuméraire aurait quitté la table en raison de la tournure des discussions.

Jeudi, des collants « J’appuie les temporaires » étaient encore distribués malgré l’entente de principe, et une pétition mise en ligne au début de la semaine avait reçu l’appui de 288 signataires, qui demandaient « la reprise des discussions au sujet des temporaires du SCRC ».

Ceux-ci s’inquiètent principalement de trois points. Ils redoutent la mise en place d’un système de rappel contraignant et qui pénaliserait les travailleurs indisponibles ; ils déplorent la forte chute de la compensation salariale pour ceux n’ayant pas droit aux avantages sociaux ; et ils dénoncent la quantité négligeable de permanences consenties.

La présidente du SCRC les a rencontrés et dit « avoir été à l’écoute ». « Ce qu’ils nous ont apporté comme pistes de solutions ainsi que leur mobilisation nous a aidés à faire avancer [les négociations], estime Johanne Hémond. Pour eux, c’est maintenant plus acceptable, je pense, mais c’est eux qui vont se prononcer là-dessus le 21 avril » en assemblée générale.

Radio-Canada a dit au Devoir qu’elle « n’accordera pas d’entrevue sur le contenu de l’entente », car elle devra encore être présentée aux employés — ce qui devrait se faire dans les prochains jours.

Le regroupement des trois syndicats est une demande de Radio-Canada, qui estimait que la situation était difficile à gérer. Faite en mai 2012, la requête a abouti en juillet 2015. L’avis de négociation a été déposé le 8 février 2016 et le travail s’est amorcé en mai de la même année.