Cure d’amaigrissement pour «Les Inrocks»

Contactés par «Libération», ni la directrice des «Inrocks», Élisabeth Laborde, ni les délégués syndicaux n’ont répondu.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Contactés par «Libération», ni la directrice des «Inrocks», Élisabeth Laborde, ni les délégués syndicaux n’ont répondu.

Le printemps débute aux Inrocks par une cure d’amaigrissement des effectifs. D’après nos informations, la direction de l’hebdomadaire culturel français et les représentants des organisations syndicales ont signé mardi un accord en vue d’une rupture conventionnelle collective (RCC). Une procédure qui pourrait se traduire par les départs volontaires de 25 salariés au maximum, selon les termes de l’accord. Cette décision était attendue.

Contactés par Libération, ni la directrice des Inrocks, Élisabeth Laborde, ni les délégués syndicaux n’ont répondu. Le magazine compte un peu moins de 80 employés titulaires actuellement.

La RCC doit être validée sous quinze jours par le ministère du Travail, au niveau de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) compétente. S’ensuivra une période de 45 jours pendant laquelle les candidats à un départ, contre une indemnité, devront se manifester. À son issue, la direction des Inrocks étudiera les propositions et proposera une revue des effectifs de l’équipe.

La procédure de rupture conventionnelle collective est une nouvelle disposition du Code du travail ajoutée par la réforme menée il y a quelques mois par le gouvernement. Si l’on voulait troller, on relèverait que les Inrocks, très hostiles à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, ont finalement trouvé du bon au programme du chef de l’État.

D’après une source proche du dossier, cette procédure a été choisie parce que, contrairement à un plan de départs volontaires, elle offre plus de souplesse à l’entreprise. Elle pourrait notamment permettre de réembaucher des profils conformes à ses objectifs stratégiques, qu’on imagine davantage portés vers le numérique. « Il y a derrière cet accord une volonté de réorganiser la boîte », insiste cette source.

Reste que la direction poursuit d’abord des objectifs financiers, avec la volonté de réduire la masse salariale. En 2017, l’hebdomadaire culturel, propriété du banquier d’affaires Matthieu Pigasse, a perdu 1,5 million d’euros. Il a vendu en moyenne 35 000 exemplaires par semaine, en baisse de 3 % sur un an.