Une aide importante aux médias

Le crédit s’applique aux médias (numérique et papier). 
Photo: Michael Monnier Le Devoir Le crédit s’applique aux médias (numérique et papier). 

« On a senti la crise qui secoue les médias », soutenait mardi la ministre de la Culture, Marie Montpetit. De fait, le budget consacre 64,7 millions (somme prévue dans l’enveloppe allouée à la politique culturelle) pour l’instauration d’un crédit d’impôt de 35 % visant à « appuyer la transformation des entreprises de la presse d’information écrite ».

Le montant est échelonné sur cinq ans. Une entreprise ne pourra obtenir plus de 7 millions par année.

« Le marché de la presse d’information écrite est fragilisé par une importante diminution des revenus publicitaires […] en raison des bouleversements provoqués par la venue des nouvelles technologies numériques », remarque le budget.

« Les journaux ont perdu 65 % de leurs revenus publicitaires annuels, [des] revenus engrangés par des géants américains du Web comme Facebook et Google », ajoute-t-on. C’est là un constat que les éditeurs de journaux et les syndicats de journalistes martèlent depuis des mois.

Le crédit d’impôt vise à « encourager l’intégration de technologies numériques dans le modèle d’affaires » des médias. Il s’appliquera notamment sur les dépenses relatives au développement de technologies permettant l’adaptation de l’offre numérique des médias, ou encore sur les salaires des employés qui participent à ce développement.

Le crédit s’applique aux médias (numérique et papier) qui produisent des « contenus écrits d’information originaux sur l’actualité d’intérêt général ».

« Pour Le Devoir, c’est amplement suffisant pour encourager la prise de risque et l’expérimentation », a commenté le directeur du Devoir, Brian Myles. « Ça répond à plusieurs préoccupations exprimées au cours des derniers mois. C’est un programme normé, universel, où l’État reste à distance des salles de médias. »