Radio Centre-Ville fait face à une menace de saisie

Selon Martin Bougie, directeur de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec, l’existence de la station montréalaise n’est pas compromise.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Selon Martin Bougie, directeur de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec, l’existence de la station montréalaise n’est pas compromise.

Une menace de saisie par huissier pèse sur la station communautaire multilingue de Radio Centre-Ville, mais le directeur de la radio, Wanex Lalanne Zéphyr, a bon espoir de pouvoir surmonter ce problème. Une rumeur de fermeture de la station a cependant couru dans les réseaux sociaux lundi.

Tout est parti d’un « communiqué » envoyé par Marc Provencher, un ancien directeur technique de la station, dont la compagnie, Groupe Consartium, a eu recours aux petites créances pour se faire payer une somme de quelque 7000 $ due par la station. La radio aurait alors convenu de faire une série de chèques postdatés pour régler cette dette. Mais l’un de ces chèques aurait été posté en retard, selon le directeur de la station. Marc Provencher, qui affirme que les paiements ont cessé en octobre 2017, a alors fait affaire à un huissier pour obtenir une saisie d’équipement, et recouvrer son argent. L’huissier a donc menacé la station de saisir et de vendre son antenne le 31 mars.

Selon Martin Bougie, directeur de l’Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec, l’existence même de la station n’est pas compromise. Les équipements de diffusion de la radio, dont l’antenne, ont de toute façon une valeur bien supérieure à 7000 $, soutient-il. Or, Martin Provencher affirmait dans son communiqué que la fermeture de la station était à prévoir le 31 mars.

M. Wanex Lalanne Zéphyr a de son côté affirmé lundi qu’il avait mis dix chèques postdatés à la poste, à l’attention de M. Provencher.

L’avocat de Radio Centre-Ville, Me José Dorelas, a ajouté qu’il ne croyait pas l’on saisirait l’antenne de Radio Centre-Ville. Il a affirmé qu’il avait le mandat de régulariser la situation.

Autre conflit

Cela n’occulte pas les autres problèmes que traverse la radio multilingue de Montréal, qui doit aussi faire face à un autre recours judiciaire. Un groupe de sept ex-membres de la radio attend en effet de déposer une poursuite contre la direction de Radio Centre-Ville. Ils allèguent que la direction aurait failli aux règlements généraux de la radio en invitant des membres qui n’étaient pas en règle à voter lors de l’assemblée générale du 22 janvier 2017. Le litige a commencé lorsque la direction de Radio Centre-Ville a décidé de vendre du temps d’antenne à des intérêts privés, après avoir perdu une subvention de l’organisme Centraide.

Selon les ex-membres, la direction de la radio aurait « paqueté » l’assemblée générale de membres qui n’étaient pas en règle pour faire adopter ses décisions.

Selon Javiera Araya Moreno, qui participe à ce recours, les règlements de la radio stipulent que les membres doivent avoir fait partie de la radio communautaire durant au moins quatre mois pour voter.

Radio Centre-Ville 102,3FM est une radio communautaire qui existe depuis plus de 35 ans dans la métropole.