CIBL met à pied ses employés

La station a quitté le boulevard Pie-IX en 2011 pour s’installer dans un espace plus moderne dans le Quartier des spectacles.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La station a quitté le boulevard Pie-IX en 2011 pour s’installer dans un espace plus moderne dans le Quartier des spectacles.

Les employés de la station de radio communautaire CIBL, à Montréal, ont été mis à pied jusqu’à nouvel ordre vendredi après-midi.

Ils seront rencontrés par des membres de la direction et du conseil d’administration (C.A.) lundi après-midi.

Aucune émission ne sera diffusée sur les ondes du 101,5 jusqu’à nouvel ordre.

Plusieurs employés ont confirmé la nouvelle au Devoir, précisant avoir été appelés ou rencontrés un à un vendredi après-midi. Ils ont été invités à ne pas rentrer travailler lundi matin, au retour de leur congé des Fêtes.

« Tous les employés ont ensuite reçu un courriel et ont été convoqués à une rencontre avec la directrice par intérim et le président du conseil d’administration lundi à 16 h. On va en savoir plus à ce moment-là », indique Antonine Salina, qui animait une émission tous les samedis matin.

Climat « tendu »

D’après elle, le climat était plutôt « tendu » dans la dernière année, les employés se questionnant de plus en plus sur l’avenir de la station de radio. « Il n’y avait plus de cohésion entre les employés et la direction », précise-t-elle.

Elle rappelle que le directeur en poste ces deux dernières années, Arnaud Larsonneur, a démissionné plus tôt au début du mois de décembre. « On s’attendait à du changement du côté de la direction, mais pas à des mises à pied », confie-t-elle.

« On ne sait pas trop ce qui se passe, on sait juste qu’on vient de perdre notre emploi temporairement », renchérit Patrice Caron, réalisateur à l’émission quotidienne Le retour.

Situation financière difficile

Ces dernières années, la station de radio vivait une situation financière difficile, rappelle M. Caron. Le déménagement au 2-22, rue Sainte-Catherine a grandement « alourdi les charges de l’entreprise », tandis que « les revenus n’ont pas suivi ».

« On a déjà limité les émissions produites pour assurer la pérennité de la station, au printemps plusieurs employés avaient dû consentir à des réductions de salaire dites temporaires. Et finalement, en septembre, on nous a rencontrés pour nous dire que ce n’était pas une mesure temporaire, mais permanente », explique M. Caron.

La station, qui a quitté le boulevard Pie-IX en 2011 pour s’installer dans un espace plus moderne et lumineux dans le Quartier des spectacles, a en effet rencontré d’importants problèmes financiers en 2015, plombée par une baisse des revenus provenant de ses partenaires du secteur public et communautaire. L’exercice 2015-2016 s’était soldé par un déficit de 100 000 $.

Une réduction des coûts de personnel, la diminution de son espace locatif et la fin de la collaboration avec une grande partie des animateurs bénévoles ont notamment permis à la station de retrouver un point d’équilibre à la fin de son exercice 2016-2017.

Au moment d’écrire ces lignes, ni la directrice intérimaire ni le conseil d’administration n’avaient répondu aux appels du Devoir.

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