Disparition du «Buenos Aires Herald», un des derniers journaux anglophones d’Amérique latine

La une du «Buenos Aires Herald» en janvier 2013, à l'époque où le journal était encore un quotidien.
Photo: Alejandro Pagni Agence France-Presse La une du «Buenos Aires Herald» en janvier 2013, à l'époque où le journal était encore un quotidien.

Buenos Aires — Le Buenos Aires Herald ne sortira pas vendredi : après 140 ans d’existence, c’est un des derniers journaux en anglais qui disparaît, en raison de la chute des ventes de l’édition papier.

« Nous nous sommes battus jusqu’au bout », a confié mercredi à l’AFP son rédacteur en chef, Sebastian Lacunza.

En difficultés financières, le dernier quotidien anglophone d’Amérique latine était devenu hebdomadaire en 2016 et avait congédié une partie de son personnel.

Le 31 juillet, jour où la rédaction a appris la fermeture du journal, le Buenos Aires Herald a partagé sur Twitter la première page de son édition du 15 septembre 2016, qui soulignait son 140e anniversaire. Déjà en difficultés financières, l’hebdomadaire titrait : « Des temps difficiles ».

Entre droite et gauche

 

Le Buenos Aires Herald faisait partie du groupe de presse Indalo, propriété d’un proche de l’ex-présidente de gauche Cristina Kirchner (2007-2015), Cristobal Lopez, qui a fait fortune dans les casinos.

Publication initialement plutôt conservatrice, le Buenos Aires Herald s’est affirmé durant la dictature militaire de 1976 à 1983 en révélant des crimes commis par la junte, devenant une référence dans la dénonciation des exactions.

Son directeur à l’époque, l’Anglais Robert Cox, a été emprisonné par la junte, puis libéré sous la pression de Washington, avant d’être contraint à l’exil.

Le journal était né en 1876 alors que les investissements britanniques affluaient vers l’Argentine.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 2 août 2017 22 h 23

    Ecrire que l'ex-présidente Cristina Kirchner ait été de

    gauche avec des amis comme Cristobal Lopez et Lazaro Baez et sa famille qui s'en est mis plein les poches avec des tactiques mafieuses est pour le moins erroné.
    Se dire et se croire de gauche est facile tout en pigeant dans les coffres du pays au point ou des enfants sont morts de faim.
    Le régime de Nestor(le mari) et Cristina(l'épouse)a été une catastrophe telle que le pays tarde a s'en remettre.