Chasser les «robots» des réseaux sociaux pour réduire les fausses nouvelles

Chaque internaute devrait garder à l’esprit que nos amis ne sont pas de bons éditeurs.
Photo: Paul Sakuma Associated Press Chaque internaute devrait garder à l’esprit que nos amis ne sont pas de bons éditeurs.

Paris — Rumeurs, « fake news » ou théories du complot : la désinformation est virale sur les réseaux sociaux. Selon une étude parue lundi, contrôler les « bots », ou systèmes robotisés, pourrait limiter leur propagation.

Se basant sur un modèle intégrant les caractéristiques des réseaux sociaux et de leurs utilisateurs, une équipe de chercheurs internationale a mis en évidence certaines caractéristiques des fausses informations et surtout le pourquoi de leur viralité.

« La trop grosse quantité d’informations véhiculée et l’attention limitée des utilisateurs contribuent à une dégradation du pouvoir discriminatif du système », explique à l’AFP Diego Oliveira de l’université de l’Indiana aux États-Unis, coauteur de l’étude publiée dans Nature Human Behaviour.

Les chercheurs ont également mis en évidence que « popularité » n’était en rien synonyme de « fiabilité ». Selon leur modèle, « les informations ont toutes les mêmes chances de se développer, quelles soient vraies ou fausses ».

« À l’heure actuelle, l’utilisation des réseaux sociaux comme source d’information n’est pas très fiable, à moins que l’on ne se limite aux publications des médias sérieux », souligne Diego Oliveira.

Pour le chercheur, chaque internaute devrait garder à l’esprit que nos amis ne sont pas de bons éditeurs. Leurs choix sont essentiellement motivés par leurs émotions et leurs préjugés, non par l’objectivité et la fiabilité.

Pour limiter la propagation des « fakes news », il faudrait limiter la quantité d’informations diffusées sur les réseaux. « Actuellement, beaucoup de comptes en ligne sont des comptes “robots”, pilotés par des logiciels », selon l’étude.

« Ils inondent les réseaux sociaux avec des grands volumes d’informations erronées pour influencer le débat public », indiquent les chercheurs.

En restreignant réellement ces abus, les plates-formes pourraient améliorer la qualité globale des informations auxquelles sont exposés les internautes, selon l’étude.