Bernard Drainville va au 98,5 FM «pour gagner»

L'ex-ministre péquiste Bernard Drainville
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir L'ex-ministre péquiste Bernard Drainville

L’émission du midi sur les ondes du 98,5 FM à Montréal ne sera pas restée orpheline très longtemps. Cogeco Médias a annoncé mardi que c’est Bernard Drainville qui remplacera l’animateur Benoît Dutrizac, congédié pas plus tard que jeudi dernier.

Bernard Drainville quitte donc les ondes du FM93, à Québec, où il coanimait depuis un an l’émission du midi avec Éric Duhaime. Cogeco est propriétaire des deux antennes.

« J’ai commencé mon métier à la radio, mais je n’ai jamais animé une émission seul, a raconté au Devoir l’ancien journaliste de Radio-Canada et ex-député et ministre du Parti québécois. Le plus proche, ç’a été avec Éric cette année. C’est un beau défi. »

M. Drainville quittera les ondes du FM93 le 16 juin, et entrera en poste au 98,5 le 14 août. Les discussions entre lui et Cogeco se sont entamées « il y a quelques semaines », mais il refuse de dire qu’il remplace Benoît Dutrizac, ajoutant qu’il ne « courrait pas après » un nouveau poste. « Ça va être une nouvelle émission, je ne prends la place de personne, dit-il. Benoît Dutrizac, j’ai beaucoup de respect pour lui, j’ai fait beaucoup d’entrevues avec lui du temps où j’étais un élu à l’Assemblée nationale, et, comment dire, les circonstances des derniers jours ou des dernières semaines ne changent pas le respect que j’ai pour lui. »

Du côté de Cogeco, le vice-président de la programmation et de l’information Michel Lorrain a dit par voie de communiqué que « l’arrivée de Bernard Drainville, déjà collaborateur à l’émission de Paul Arcand, s’inscrit parfaitement dans la stratégie à long terme du 98,5 de renouveler le contenu offert à son auditoire ».

Benoît Dutrizac a perdu son micro jeudi après plus de neuf ans à la barre de l’émission du midi. Le 98,5 avait justifié le renvoi de l’animateur par un « vent de changement » dans sa programmation.

Place au public

La future émission de Bernard Drainville n’a pas encore de titre, mais certains collaborateurs ont déjà été approchés. L’animateur a le mandat de mener une émission d’affaires publiques qui traitera des grands enjeux « locaux, nationaux et internationaux ».

Aussi, l’ancien porte-étendard de la charte de la laïcité veut donner beaucoup de place aux lignes ouvertes et aux médias sociaux.

« On a eu une première réunion pour définir quel type d’émission on voulait bâtir, et très rapidement on s’est entendu sur le fait qu’on voulait laisser une large place au public, dit M. Drainville. Je crois en une espèce de sagesse populaire, à l’addition des bonnes volontés qui finit par faire un gros bon sens. »

« Là pour gagner »

Benoît Dutrizac était au sommet des cotes d’écoute dans son créneau, toutes stations confondues. Est-ce que Bernard Drainville a des ambitions à cet égard ? Sa première réponse est prudente, l’animateur estimant que tout ce qu’il peut contrôler, c’est la qualité de son contenu, le choix des sujets, les angles d’attaque.

Mais, « évidemment, on veut des cotes d’écoute, en particulier dans la radio privée, il faut viser le meilleur résultat possible, et je déteste perdre. Je m’en vais là pour gagner, confie Drainville. C’est un créneau qui était déjà très bien écouté, il faut au moins maintenir ça et idéalement augmenter l’écoute ».

Montréal la beige ?

Au FM93, mardi, pendant l’émission Duhaime-Drainville le midi, Éric Duhaime a taquiné son coanimateur des derniers mois sur le fait qu’à Montréal, il allait devoir faire de la radio « un peu plus beige ». « Arrive pas avec le style Québec, tu vas te faire recevoir avec une brique et un fanal ! »

« Je vais arriver avec mon style à moi, Éric », a tempéré M. Drainville, sourire en coin. Au Devoir, ce dernier a confirmé que son approche ne changerait pas. « Depuis que je suis en journalisme, mon approche est très terrain, très près des gens, J’ai toujours pensé que la radio, c’était un média de proximité, c’est un média où il est impossible de tricher. Si t’es faux à la radio, c’est impardonnable. »

M. Drainville dit donc arriver au 98,5 avec ses qualités et ses défauts. Et quel serait son talon d’Achille ? « Ah, la patience c’est toujours un défi pour moi, des fois j’ai tendance à être un peu carré. C’est un chantier permanent, un work in progress comme ils disent en latin. »

6 commentaires
  • François Beaulé - Inscrit 6 juin 2017 14 h 23

    Montréal l'a échappé belle

    Imaginons un instant qu'Éric Duhaime serait venu s'installer à Montréal. Ouf!

    • Gilles Théberge - Abonné 7 juin 2017 08 h 12

      Montréal l'a échappé belle?

      Ça dépend de quel point de vue on se place.

      Bernard, est souverainiste ? Ah bon. Osera-t'il poser les mêmes questions que Dutrizac aux libéraux.

      Posez-lui la question..

      Bien sûr il va vous répondre oui...

      Ha ha ha bien sûr oui...

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 7 juin 2017 09 h 26

      Pourquoi pas Éric Duhaime à Montréal ? Il y aurait des débats intéressants. À Québec tous les Québécois disent comme lui.
      Il critique M. Labaume, tous les Québécois critiquent M. Labaume.
      Il dégueule contre le PLQ, le PQ, la CAQ etc etc tous les Québécois dégueulent dans le même sens.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 7 juin 2017 06 h 50

    … M Drainville !

    « Cogeco a annoncé que l’animateur « traitera des grands dossiers locaux, nationaux et internationaux et proposera des échanges quotidiens avec les auditeurs ». » (Philippe Papineau, Le Devoir)

    Outre de passionnants échanges avec l’auditoire, Bernard, animateur engagé et chevronné d’actualité locale, nationale et internationale, saura démêler les dossiers et réflexions avec intégrité et honneur !

    Bravo pour cette honorable nomination !

    Félicitations et bon parcours …

    … M Drainville ! - 7 juin 2017 -

  • Anne-Marie Courville - Abonnée 7 juin 2017 08 h 31

    On va regretter le départ de Benoît Dutrisac

    Son départ est une surprise et j'étais une fidèle auditrice. Je doute que M. Drainville nous offrira une émission auss riche de culture. Donnons la chance au coureur...
    Il faudra qu'il améliore son français. Je n'ai pas aimé qu'il quitte le PQ en milieu de mandat et qu'il semble moins fervent de la souveraineté. La Charte des Valeurs fut une bonne idée et je trouve dommage que tout tomble dans l'oubli. Il aurait dû continuer son travail au sein de PQ où il fut un excellent député.

  • Pierre Desautels - Abonné 7 juin 2017 21 h 37

    Shift.


    La démagogie voyage de Québec à Montréal,version soft.