Le magazine «Lettres québécoises» se dépoussière

La nouvelle équipe: Alexandre Vanasse, éditeur, Jérémy Laniel, coordonnateur éditorial, et Annabelle Moreau, rédactrice en chef
Photo: Sandra Lachance La nouvelle équipe: Alexandre Vanasse, éditeur, Jérémy Laniel, coordonnateur éditorial, et Annabelle Moreau, rédactrice en chef

Avec une maquette actualisée, du contenu retravaillé et une équipe de direction toute fraîche, le magazine Lettres québécoises fait littéralement peau neuve, question d’élargir son lectorat et d’épouser une certaine modernité.

Les abonnés de la publication littéraire — qui fêtait l’an dernier ses 40 ans d’existence — trouveront dès aujourd’hui, mercredi, dans leurs mains le travail du nouveau trio de tête composé de la rédactrice en chef Annabelle Moreau, du coordonnateur éditorial Jérémy Laniel et de l’éditeur Alexandre Vanasse, dont le père André a jusqu’à tout récemment dirigé l’institution, et ce, pendant 27 ans.

« Le magazine avait besoin depuis des années de dépoussiérage, raconte Annabelle Moreau. Il y avait un travail qui était très bien fait, ça restait un magazine de grande qualité, mais très académique. »

Lettres québécoises — qui troque son nom entier pour les lettres « LQ » en une —, voulait profiter du changement d’équipe pour donner un grand coup plutôt que pour apporter des changements à la pièce au fil des numéros.

« On veut aller chercher de nouveaux lecteurs et s’adapter aux nouvelles manières de diffuser de l’information sur la littérature, par la vidéo, sur le Web, sur les médias sociaux, explique la rédactrice en chef, collaboratrice depuis plus de cinq ans à la publication. Le magazine n’avait pas fait ce virage-là. »

L’objet papier sera publié quatre fois par an, mais la nouvelle équipe veut donc nourrir la discussion sur la littérature tout au long de l’année.

« Je vois vraiment le magazine papier comme notre vaisseau amiral, c’est lui qui guide tout, assure Mme Moreau. On rêve beaucoup d’un grand magazine papier, mais aussi d’un grand magazine Web qui viendrait en appui et qui pourrait nous donner des articles inédits, d’autres critiques, d’autres rencontres. »

Annabelle Moreau aimerait par exemple organiser des discussions sur la littérature ou créer une baladodiffusion, un format qu’elle estime fort bien adapté aux sujets littéraires et à leurs dédales, leurs débats.

En avant la critique

Le nouveau Lettres québécoises a aussi voulu mettre l’accent sur la critique. Les espaces qui lui étaient dédiés ont été modifiés. Exit les photos des auteurs, et bienvenue les textes plus longs et plus « mordants », dit Mme Moreau. « Je veux comprendre pourquoi ce livre est arrivé maintenant, et pourquoi il est pertinent ou pas. »

Le magazine consacre dans ce numéro un dossier complet sur la critique, avec des papiers de Maxime Catellier, de Robert Lévesque et de Catherine Voyer-Léger. La réflexion se poursuivra aussi dans les numéros de septembre et de décembre, dit la rédactrice en chef.

« Pour nous, la critique est vraiment essentielle à la santé de la littérature d’ici. »

Nouveauté dans la publication : la présence de création de fiction, en poésie avec Fernand Durepos, en nouvelle avec Maxime Raymond Bock, et en récit illustré avec Julie Delporte.

Distribution en librairie

Tant qu’à modifier le contenu et le contenant, Lettres québécoises a aussi signé un nouveau contrat de distribution, délaissant Disticor pour Dimédia. Avec l’avantage de pouvoir se retrouver sur les rayons des libraires, et non pas que des maisons de la presse.

« On s’est d’ailleurs prévu une grande tournée cet été, on va aller rencontrer les libraires », se réjouit Annabelle Moreau.

Lettres québécoises est un magazine indépendant qui prend la forme d’un organisme à but non lucratif. Selon sa rédactrice en chef, sa santé financière est bonne grâce à la publicité, aux subventions et aux abonnements. Environ un millier de lecteurs le reçoit à la maison.