Feu vert à la nouvelle Maison de Radio-Canada

L'actuelle maison de Radio-Canada, sur le boulevard René-Lévesque, à Montréal
Photo: Michael Monnier Le Devoir L'actuelle maison de Radio-Canada, sur le boulevard René-Lévesque, à Montréal

Le Conseil du trésor du Canada donne le feu vert à la vente du site de la tour brune de Radio-Canada à Montréal ainsi qu’à la construction de la nouvelle Maison où déménageront ses 3000 employés, a annoncé lundi le radiodiffuseur public.

« L’approbation du Conseil du trésor constitue une étape cruciale dans la concrétisation du projet », a déclaré par voie de communiqué Hubert T. Lacroix, président-directeur général de Radio-Canada.

Il n’a toutefois pas dévoilé la valeur des transactions ni le coût de la construction de cette nouvelle Maison. La société d’État avait assuré que les montants de l’entente seraient rendus publics lorsque le Conseil du trésor du Canada l’aurait approuvée, mais hier elle n’a pas voulu émettre d’avantage de commentaire à ce sujet.

« Cette décision permet à Radio-Canada de finaliser au cours des prochains mois ses ententes avec les promoteurs et de franchir d’autres étapes, notamment avec la Ville de Montréal, avant la première pelletée de terre », a-t-il écrit.

La construction du nouveau bâtiment, qui sera situé à l’angle du boulevard René-Lévesque et de l’avenue Papineau, débutera dès la fin de l’été pour que les portes de la nouvelle Maison ouvrent en 2020.

Le Groupe Broccolini, qui se porte acquéreur de la partie est du site, se chargera de la construction du nouveau bâtiment.

Le secteur ouest, qui comprend l’actuelle tour brune de 23 étages, sera quant à lui développé par le Groupe Mach, qui prévoit notamment de transformer ladite tour en immeuble de bureaux. Il envisage aussi la construction, sur une période de 15 à 20 ans, de bâtiments résidentiels, de six à quinze étages, sur les terrains de stationnement.

Le Conseil du trésor n’a pas été en mesure de commenter l’entente puisque la plupart des employés étaient absents en raison du congé de Pâques. Il nous a dirigé vers le ministère du Patrimoine canadien qui n’a pas répondu à nos appels.

Moratoire demandé

Le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) se désole de la transaction et déplore que la société d’État ait profité d’un jour férié pour confirmer l’entente.

Le 13 avril dernier, informé qu’une rencontre sur la vente du site était prévue cette semaine entre le radiodiffuseur public et le Conseil du trésor, le SCRC avait envoyé une demande de moratoire sur le projet.

Il estime que dans sa mouture actuelle, le projet est « réducteur » puisqu’il se base sur le plan stratégique 2020 qui prévoit d’importantes compressions et qui avait été adopté sous l’ancien gouvernement conservateur.

Le syndicat demandait au Conseil du trésor de suspendre la vente puisque le gouvernement libéral de Justin Trudeau révise l’ensemble de ses politiques culturelles.

«Nous ne nous opposons pas à la vente, mais on trouve que c’est prématuré d’autoriser un projet sachant que la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, doit annoncer de nouvelles politiques qui toucheront la culture et qui pourraient avoir un impact sur l’avenir de Radio-Canada », souligne Johanne Hémond, présidente du SCRC.

Le syndicat estime qu’avec la nouvelle Maison, qui comprendra deux tours, de cinq et sept étages, séparées par un atrium, Radio-Canada perdra sa capacité à produire des émissions et du contenu, et renonce « définitivement à sa renommée et à son expertise bâtie depuis plusieurs décennies ».

Le projet présenté en novembre dernier par M. Lacroix montrait un bâtiment abondamment vitré qui abritera entre autres un studio et des plateaux pour le service de l’information ainsi qu’un grand studio équivalent à l’actuel Studio 42.

« La Maison de Radio-Canada compte actuellement sept grands studios de tournage. Dans le nouveau bâtiment, on n’en prévoit qu’un », déplore Mme Hémond.

Elle mentionne que du côté des studios radio, on passerait à six studios dans le nouveau bâtiment tandis qu’on en compte actuellement une vingtaine.

3 commentaires
  • Francois Drolet - Inscrit 17 avril 2017 22 h 30

    Étrange projet

    Vendre une bâtisse, un bien public qui nous appartient, pour devenir locataire d'un bâtiment, tout ce qui a de plus privé. Quelle abhérartion !

  • Denis Paquette - Abonné 18 avril 2017 01 h 39

    pas d'institutions autonomes a l'interieure de la fédération

    l'état qui arrive enfin a se départir de cette fameuse tour qu'ils n'avaient pas vues venir une institution qui a battue tous les records de performance et fait ragé tous les anglais canadians,quand fut fonder Radio-Canada , qui aurait dit que ce serait surtout au Québec qu'il serait un succès et que ca prendrait des décennies d'efforts pour le demanteler, que Radio-Canada Montreal allait devenir, ce qu'il y a de plus classique, au détriment de l'approche mercantile, ce qui a eu comme effet de faire rager un premier ministre, pas facile une institution copiée sur le militaire, surtout pour un autocrate, disons le tout de go, pas d'institutions autonomes pour la fédération canadienne, la monarchie ne le permet pas

  • Denis Paquette - Abonné 18 avril 2017 01 h 48

    Hé-oui, un pays a l'avenant, pourquoi pas

    ils ont commencés par licencer les artisans, maintenant c'est au tour de la batisse, le reste sera géré a l'avenant