Colère contre la direction de Radio Centre-Ville

<p>Une assemblée générale a été tenue le 4 décembre dernier quant à l'ouverture de la programmation radiophonique à des «producteurs indépendants», mais la direction n’a pas reconnu le résultat du vote, selon un regroupement de bénévoles.</p>
Photo: Barry Gregg / Getty Images

Une assemblée générale a été tenue le 4 décembre dernier quant à l'ouverture de la programmation radiophonique à des «producteurs indépendants», mais la direction n’a pas reconnu le résultat du vote, selon un regroupement de bénévoles.

Les membres de la radio multiculturelle montréalaise Radio Centre-Ville sont en colère et dénoncent une direction qui manque de transparence et qui multiplie les entorses à la démocratie communautaire et aux valeurs sociales du média.

Dans un contexte où la station de radio, situé au 102,3 FM et diffusée en sept langues, est en difficulté financière, le directeur par intérim Wanex Lalanne a ouvert sa programmation à des « producteurs indépendants », prêts à payer pour obtenir une case horaire. Mais selon les règlements généraux du média, une telle modification doit être ratifiée par les membres en assemblée générale.

Le 4 décembre dernier, une assemblée s’est bien tenue sur ce sujet, mais la direction — qui n’a pas rappelé Le Devoir mercredi — n’a pas reconnu le résultat du vote, selon un regroupement de bénévoles. « Plus de 80 % des membres présents ont voté pour le retour à la programmation originale, mais la direction a imposé la sienne », a expliqué au Devoir Roberto Núñez, membre depuis quatre ans de Radio Centre-Ville et porte-parole des dissidents.

Deux semaines plus tard, le 18 décembre, les membres mécontents se sont à nouveau rassemblés, cette fois sans la présence de l’équipe de Wanex Lalanne, pour élire un nouveau conseil d’administration. Selon eux, l’ancien CA, après des départs répétés, ne comptait plus que trois administrateurs, en deçà du quorum de neuf. « Tout le monde était inquiet », explique M. Núñez.

Assemblée « paquetée »

Ce conseil parallèle devait être approuvé le 22 janvier lors d’une autre assemblée générale. Toutefois, selon M. Núñez, une quarantaine de personnes inconnues des membres actifs de Radio Centre-Ville auraient assisté aux discussions, et permis à l’administration Lalanne de rejeter ce nouveau CA.

M. Núñez accuse Wanex Lalanne d’avoir « paqueté l’assemblée ». « Il y avait même des papiers avec le nom des personnes pour qui voter écrit dessus, accuse-t-il. Pour être membre de la radio, il faut être bénévole pendant trois mois, il faut connaître la radio, avoir une émission. Ils n’étaient pas en règle. »

Les membres dissidents dénoncent aussi que les états financiers remis le 22 janvier n’avaient pas été vérifiés par un comptable, comme le règlement le demande.

Transparence demandée

Conscients de l’état fragile des finances, les membres de Radio Centre-Ville s’inquiètent de « la commercialisation du temps d’antenne », sans s’opposer en bloc à des façons de garnir les coffres. « On peut discuter, mais il faut pouvoir voter démocratiquement, explique M. Núñez. Le problème, c’est qu’on n’a même pas les documents pour savoir combien payent les producteurs indépendants”, ni les états financiers… Il n’y a pas de transparence. »

Une demande d’injonction permanente est déjà déposée en Cour fédérale. La suite des événements reste à déterminer. Une plainte faite au CRTC après la mise à pied de plusieurs employés permanents n’a pas abouti non plus, car l’organisme fédéral ne peut s’ingérer dans la gestion interne si le mandat de la radio est respecté.

« On veut vraiment conserver l’esprit de notre radio, explique Roberto Núñez. C’est une radio pour ceux qui [ne se retrouvent pas] dans les grands médias, une radio qui parle de sujets comme l’immigration, qui s’intéresse à la culture, aux groupes qui viennent de loin. »

1 commentaire
  • Nadia Alexan - Abonnée 2 février 2017 11 h 41

    C'est dommage que la commercialisation de nos instances publiques ne veuille rien épargner pour le bon peuple.