«Le Parisien» renonce aux sondages

Le quotidien «Le Parisien» a annoncé mardi qu’il ne publierait plus de sondages, très critiqués pour avoir échoué à prédire les récents bouleversements politiques.
Photo: Olivier Morin Agence France-Presse Le quotidien «Le Parisien» a annoncé mardi qu’il ne publierait plus de sondages, très critiqués pour avoir échoué à prédire les récents bouleversements politiques.

Paris — À quatre mois de la présidentielle française, l’un des principaux quotidiens du pays, Le Parisien, a annoncé mardi qu’il ne publierait plus de sondages, très critiqués pour avoir échoué à prédire les récents bouleversements politiques.

« C’est une réflexion qu’on a menée depuis quelque temps déjà, notamment après le Brexit et l’élection de Donald Trump » aux États-Unis, a expliqué à l’AFP Stéphane Albouy, le directeur des rédactions du Parisien/Aujourd’hui en France.

« On peut entendre les critiques qui nous sont faites, à nous, médias, d’être coupés d’une forme de réalité. Nous allons privilégier le terrain », a-t-il dit.

Diffusé à plus de 340 000 exemplaires, le journal ne commande plus de sondages depuis plusieurs semaines déjà et entend continuer cette pause pendant la campagne présidentielle, a-t-il ajouté.

Il ne s’interdit pas toutefois de commenter les sondages commandés par d’autres médias. « Ce n’est pas une question de défiance envers les sondeurs, mais une façon de travailler différemment que nous voulons tester pour la suite de la campagne », a assuré Stéphane Albouy.

De vives critiques

Les sondeurs s’étaient retrouvés sous le feu des critiques après la victoire surprise fin juin 2016 des partisans d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Et la polémique sur la pertinence des enquêtes d’opinion a été relancée par l’élection en novembre du populiste américain Donald Trump que quasiment tous les experts prédisaient battu.

Les électeurs français voteront fin avril et début mai pour élire leur président, avant des élections législatives en juin.

Le candidat de droite François Fillon est actuellement le favori des sondages, mais il est talonné par la patronne du parti d’extrême droite Front national, Marine Le Pen. La gauche part éparpillée, avec plusieurs candidats déjà officiellement sur les rangs avant même l’organisation fin janvier de la primaire du parti socialiste.

5 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 3 janvier 2017 11 h 18

    Peut-être un moyen pour chaque citoyen de vraiment voter pour qui il pense, plutôt que de se laisser influencer par le poids d'un gagnant dans les sondages.

  • Jeannine Laporte - Abonnée 3 janvier 2017 11 h 27

    Pollution: commentaires sur les sondages

    «... Le Parisien, a annoncé mardi qu’il ne publierait plus de sondages,

    Il ne s’interdit pas toutefois de commenter les sondages commandés par d’autres médias...»

    Ce sont les commentaires, jour après jour, des sondages qui polluent les ondes, les journaux, qui occultent les réflexions sur les programmes, les politiques. Au lieu de discuter du fond, les journalistes et leurs invités «experts» décortiquent les....... sondages.

    À la lecture du titre de cet article, «L’un des principaux quotidiens français renonce aux sondages», je me suis dit «Enfin». Mais non, c'aurait été trop beau, on aurait eu droit à des discussions sérieuses, à des comparaisons de programmes, de politiques... mais on est rapidement ramenés à la réalité. Ce n'est pas aux sondages que le quotidien renonce mais à publier les sondages, se réservant la possibilité de les commenter... ce qui, à mon avis, est pire que de les publier et cela, parce qu'ils ont été «...très critiqués pour avoir échoué à prédire les récents bouleversements politiques...». Donc, ce n'est même pas basé sur des principes mais sur leur image. Désolée.

  • Colette Pagé - Inscrite 3 janvier 2017 11 h 58

    Pour la création d'un Institut des sondages !

    Comment expliquer l'absence d'intérêt des élus pour la mise sur pied d'un Institut des sondages relevant du Directeur général des élections visant à s'assurer en période électorale du bien fondé et de la fiabilité du processus en s'assurant notamment de la pertinence et de la clarté des questions posées, de l'échantillonage, du mode d'analyse des résultats et des commanditaires des sondages afin d'éviter les sondages complaisants visant à favoriser un parti.

    De même que tous sondages financés par des fonds hors Québec devraient être interdits sans oublier que toute entreprise de sondages exerçant ses opérations au Québec devra obtenir son accréditation de l'Institut.

    • François Beaulne - Abonné 3 janvier 2017 12 h 32

      Excellente idée. Après les déboires des sondeurs et leurs sondages cités dans l'article ci-dessus, auxquels on pourrait ajouter les résultats des récents sondages contradictoires de CROP et LEGER sur la positions des partis politiques au Québec ainsi que les sondages en montagnes russes des dernières élections fédérales, il est temps de réfléchir sérieusement sur l'envahissement de ces sondages dans notre vie politique et l'accoutumance, pour ne pas dire l'adiction'qu'ils ont causée chez les politiciens et l'électorat.
      Nous sommes effectivement en présence d'une 'industrie' non contrôlee, non balisée, non scientifique, approximative, qui influence démesurément notre comportement politique en fonction d'intérêts de l'ombre souvent reliés aux commanditaires de ces sondages. Une des explications qui a été donnée pour expliquer les écarts entre CROP et LEGER est la nature et la composition de l'echantillonage, celui de CROP étant conçu à partir de l'Ontarion tandis que celui de LEGER collant davantage à la sociologie québécoise. En voilà assez pour mettre de l'ordre dans ce cafouillis selon certaines pistes que vous indiquez.

    • Luc Falardeau - Abonné 3 janvier 2017 19 h 21

      Un tel institut des sondages existe-t-il déjà dans un autre pays ?