Ce qui attend «L’actualité»

Les négociations autour du rachat de «L'actualité» se poursuivent.
Photo: Archives Le Devoir Les négociations autour du rachat de «L'actualité» se poursuivent.

Le sort de L’actualité sera fixé avant la Noël, vraisemblablement par une vente, et la rumeur persistante veut que l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, déjà à la tête du Groupe Voir, soit le mieux positionné pour l’emporter. Des informations parvenues au Devoir disent au contraire que l’achat serait sur le point de se concrétiser avec un autre acheteur qui n’a aucune expérience dans le domaine des publications.

« Nous sommes au coeur du processus de vente du magazine L’actualité et nous communiquerons davantage d’information dans les prochaines semaines », indique simplement un mémo interne de Rogers dévoilé mardi.

Selon des professionnels mêlés aux dossiers consultés, cette formulation ambiguë cache la nécessité de poursuivre les négociations sous le sceau de la confidentialité, mais aussi la volonté de ne pas créer de faux espoirs auprès des employés au cas où les négociations achoppent dans le sprint final.

Cette délicatesse ne concerne évidemment pas la cinquantaine de personnes sur les quelque 60 employés à Montréal qui ont été mises à pied mardi par Rogers, propriétaire de L’actualité, mais aussi de Loulou (qui fermera) et de Châtelaine (qui deviendra un bimestriel).

« En ce moment, il n’y a pas d’acheteur pour L’actualité, mais ça ne veut pas dire que les négociations sont arrêtées et qu’il n’est pas minuit moins une pour conclure », résume une personne qui a été liée à certaines négociations et qui veut conserver l’anonymat. L’échéance est fixée au 20 décembre par les négociateurs torontois, selon une autre information obtenue par Le Devoir.

Voici le résumé des autres informations colligées dans les derniers jours :

L’actualité. Les négociations se poursuivent. Selon les informations du Devoir, d’autres acheteurs potentiels ont discuté à plusieurs reprises avec les délégués torontois de Rogers au cours du dernier mois. Le défilé dans les bureaux montréalais servait à l’examen des livres comptables, mais aussi des mécaniques de production du magazine.

L’exercice a parfois permis de déceler certaines pratiques jugées dépassées ou trop coûteuses par rapport aux nouvelles réalités du marché en crise. « Un nouvel acheteur pourrait être tenté de mettre le personnel restant à la porte pour recommencer à neuf en gardant juste le titre de la publication, résume un observateur. Je souhaite que le prochain propriétaire ne soit pas dans de telles dispositions. Il y a beaucoup de talent dans ce personnel. Mais il y a des contraintes sectorielles avec lesquelles il faut composer. »

Châtelaine. Dans ce cas, le noeud du problème concernait le dédoublement de la marque. Rogers publie depuis des décennies et encore aujourd’hui une version canadienne-anglaise (Chatelaine, sans l’accent circonflexe) dont le magazine québécois est une version soeur. Le géant des médias cherchait davantage un partenaire pour continuer l’exploitation de la licence avec des contraintes qui ont finalement apeuré les éventuels acquéreurs. D’où la décision de Rogers de conserver ce média en réduisant la parution à six numéros par année, dès l’an prochain. Cette compression du tirage ira certainement de pair avec des compressions dans les conditions de production.

Loulou. Aucun acheteur sérieux ne se serait manifesté in fine pour cette publication commerciale déguisée en magazine pour adolescentes. Le magazine serait d’autant moins attrayant qu’il aurait de la difficulté à se classer pour obtenir du soutien du gouvernement fédéral pour les magazines qui diffusent du contenu canadien. En plus, la tendance est à la dématérialisation pour les médias du créneau de consommation de vêtements bas de gamme.

27 mises à pied dans l’édition et le contenu numérique anglophone

Rogers Communications a mis à pied 27 employés à temps plein dans sa division d’édition et de contenu numérique de langue anglaise, mercredi.

Le géant des télécommunications a soutenu que les 27 nouvelles mises à pied réduisaient des dédoublements de rôles, alors que Rogers s’attarde à réduire ses coûts pour faire face aux difficultés persistantes des médias imprimés.
La Presse canadienne
1 commentaire
  • Raymond Chalifoux - Abonné 1 décembre 2016 08 h 12

    La disparition du journal...

    ... La Presse dans sa version papier ne m'a fait ni chaud ni froid. Mais si Le Devoir ou L'actualité disparaissaient, pour elle et moi, ce serait dans les deux cas, une véritable catastrophe. Une grande perte, un deuil profond. Un (autre) signe que le Québec (intelligent) tel que nous l'aimons, vient encore de reculer d'un pas. Que nenni!