Un journaliste au coeur d’une controverse

Le journaliste Geoffré Samson, de la radio communautaire CIHO FM de Charlevoix
Photo: Facebook Le journaliste Geoffré Samson, de la radio communautaire CIHO FM de Charlevoix

En plein coeur du congrès de la Fédération professionnelle des journalistes (FPJQ), une histoire rocambolesque a mis en lumière le rapport difficile entre les journalistes et le monde politique hors des grands centres.

Samedi lors d’un atelier intitulé « Combattre le spin, version 3.0 », le journaliste Geoffré Samson, de la radio communautaire CIHO FM de Charlevoix, s’est présenté au micro destiné aux congressistes pour évoquer le fait qu’il était difficile de contourner le message officiel politique, sans quoi ses relations subséquentes avec le bureau de la députée libérale de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, pouvaient devenir ardues.

Cette prise de parole a été relayée sur Twitter, entre autres par la journaliste du Huffington Post Catherine Lévesque. Peu de temps après, CIHO a publié sur ses plateformes numériques une déclaration dans laquelle elle se dissociait « complètement des propos de son journaliste ». « Peu importe si ces propos ont été mal interprétés, disait la note, CIHO FM offre ses excuses formelles et sincères à la députée et à son équipe. Le journaliste sera tenu de garder le silence radio le temps de rencontrer la direction de la station et d’effectuer les recherches nécessaires pour savoir s’il a été mal cité ou non. »

Rumeurs niées

Rencontré samedi midi dans le feu de l’action par Le Devoir, Geoffré Samson a nié les rumeurs de congédiement qui circulaient, expliquant qu’il avait plutôt appris que sa prochaine affectation avait été annulée. Sur Twitter, la FPJQ a ensuite donné son appui à M. Samson. Puis la radio CIHO a décidé de retirer sa note des réseaux sociaux.

M. Samson a par la suite raconté au Devoir qu’il « n’avait pas dit qu’il y avait une menace ». « Je disais que je me sentais souvent plus comme un messager que comme un journaliste. Comme disait Chantal Hébert [présente au panel de l’atelier], c’est du journalisme transactionnel. Tu me fais un sourire, je te fais un sourire. On m’a avisé que je ne devais pas jouer du coude. »

Le Devoir n’a pas pu joindre le bureau de la députée Caroline Simard, mais le directeur de l’information de CIHO, Louis Vignola, nous a confirmé que Mme Simard avait joint samedi matin par téléphone la directrice générale de la station, Mélissa Girard, après avoir vu les tweets la concernant. Au dire de M. Vignola, la députée voulait pouvoir adapter les façons de faire de son bureau, si problème il y avait.

Le directeur de l’information a aussi confirmé au Devoir que M. Samson ne perdrait pas son emploi. Après une longue rencontre au sommet dimanche matin, CIHO et son journaliste devaient diffuser un communiqué commun dimanche en soirée ou lundi matin.

La directrice de CIHO, Mélissa Girard, est également mairesse de Notre-Dame-des-Monts, une municipalité de Charlevoix. Lors de sa nomination en septembre, elle a expliqué qu’elle ne sollicitera pas de nouveau mandat de la population pour se concentrer sur sa tâche radiophonique.

2 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 20 novembre 2016 15 h 11

    Aucune surprise

    Si l'on ressent ce symptôme, soit celui de taire l'esprit critique de façon aussi forte dans nos organisations, la même tendance se produit au niveau social. Cela se passe dans le non-dit, dans l'intangible, mais dans le ressenti... et le journaliste a exprimé de façon individuelle un malaise généralisé mais pour lesquels il est quelquefois difficile d'exprimer par des mots.

  • François Dugal - Inscrit 20 novembre 2016 17 h 16

    Professionnalisme

    Il faut saluer le travail du bureau de madame la députée Caroline Simard pour son professionnalisme dans ses relations avec les journalistes; le PLQ n'est pas le parti "naturel" du pouvoir pour rien.