Une soirée électorale à angoisser devant les écrans

Les sites et les applis des grands médias étaient particulièrement utiles pour suivre les statistiques et les manchettes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les sites et les applis des grands médias étaient particulièrement utiles pour suivre les statistiques et les manchettes.

Il y a deux choses insupportables dans la médiatisation d’une soirée électorale : attendre les résultats et les obtenir. La pression monte et monte, et, une fois le gagnant désigné, la chute peut mener à une sorte de langueur monotone. La consternation menace, surtout si le pire appréhendé se produit.

La lutte très serrée et les succès inattendus de Donald Trump ont forcé les médias de la planète à passer les premières heures de la soirée à assimiler à chaud les étonnants résultats et à proposer des spéculations, tout en égrainant les résultats d’un État à l’autre. La Floride a encore étiré le suspense jusqu’à la torture.

PBS a eu la bonne idée d’utiliser le temps d’attente pour l’ultime et fatidique décision en s’intéressant à des résultats sur d’autres sujets, comme la légalisation de la marijuana. Quatre nouveaux États étaient en voie de libéraliser sa vente. Le quart du pays aurait donc maintenant rejeté cette prohibition.

Voix féminines

ICI RDI a commencé tôt sa diffusion, avec des analyses des journalistes sur le terrain, notamment à New York, dans les quartiers généraux des deux camps. En studio, Radio-Canada n’a pas réservé l’analyse à ses seuls journalistes. Le réseau d’info continue a aussi réussi à équilibrer les voix entre les hommes et les femmes dans son émission spéciale, avant 20 h. La parité a ensuite flanché.

LCN déployait deux reporters aux États-Unis, le correspondant Richard Latendresse et la journaliste Véronique Prince, seule femme de cette soirée à la chaîne continue privée. Comme dans les dernières soirées électorales québécoise ou canadienne, le groupe des invités en studio, autour du vétéran Pierre Bruneau, était donc entièrement composé de commentateurs masculins.

Les deux réseaux francophones se différencient aussi par leur contenant. Radio-Canada optait pour une présentation épurée, un graphique et une image à la fois. LCN divisait son écran pour proposer en contigu plusieurs fils d’images, en y joignant des bandes défilantes. Ce choix clinquant finissait par surcharger inutilement les informations.

La norme américaine est là, du côté des écrans bourrés par infobésité. Celui du réseau conservateur Fox laissait juste dépasser la tête des animateurs des masses de données.

Par contre, la tendance à la gadgétisation des présentations observée dans les dernières soirées présidentielles est révolue, du moins par la diffusion télé. Adieu les hologrammes. Les équipes en ondes se contentent maintenant d’un grand écran utilisé comme un tableau intelligent dans une classe.

La télé, Internet et les réseaux sociaux se combinent et se complètent. Les sites et les applis des grands médias étaient particulièrement utiles pour suivre les statistiques et les manchettes. Le site du New York Times proposait plusieurs dispositifs pour suivre les résultats et les tendances en temps réel, dont un cadran marquant la « chance d’emporter la présidence ». L’aiguille a vite oscillé en faveur de Donald Trump. Le niveau d’anxiété aussi, puisque, au moment d’écrire ces lignes, rien n’était encore fixé.

Une soirée électorale numérique

L’innovation était de mise lors de la couverture numérique de la soirée électorale américaine. Plusieurs médias y sont allés d’initiatives inédites sur le Web, dont le New York Times qui a prédit, dès le début de la soirée, le nom du 45e président des États-Unis par l’entremise « d’aiguilles de prédiction présidentielle ». De son côté, le quotidien britannique The Guardian a notifié les résultats en temps réel à même l’écran du téléphone intelligent de ses lecteurs, une fonction mise à l’épreuve lors du référendum du Brexit. Le Washington Post a notamment décliné sa couverture sur Facebook à l’aide de la nouvelle fonction « En direct » du média social, tandis que Vice News a opté pour une webdiffusion sur YouTube. Sur Twitter, le compte Electionland, une initiative du média d’enquête ProPublica, a recensé les cas d’obstruction du vote à l’échelle nationale. Maxime Bilodeau
1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 9 novembre 2016 16 h 44

    La premier portion de la soirée à ICI RDI avec A.-M. Dussault était terrible

    Je pense que cela se passait à la Société des arts technologiques de Montréal (?), avec public. Le son était infect. Je ne comprends pas comment Radio-Canada fait pour travailler dans de telles conditions. J'avais hâte que cela se termine et qu'on en arrive à Patrice Roy.