À voir à la télévision le mercredi 25 février - Sale demi-heure

Avant même que la série commence d'être diffusée, une sorte de controverse avait pointé son nez. Sous couvert de fiction, cette mise en scène de gens qui, allègrement, «fourrent le système» avait-elle pour but de dépeindre une certaine réalité? Allait-il en émaner un renforcement des préjugés à l'endroit d'une catégorie vulnérable de la société, nommément les assistés sociaux?

Aujourd'hui encore, des voix autorisées s'élèvent pour dénoncer la caricature (qui pourrait, sait-on jamais, inciter des âmes autrement bien intentionnées à verser dans le viol de toutes les règles). Des médias se sont même mis en quête de trouver «les vrais Bougon». Pourtant, il s'agit d'une farce, une farce monumentale, et très drôle à part ça. Si on ne s'est pas mis à voir des mafieux à chaque coin de rue après Omertà, pourquoi verrait-on plus de fraudeurs après avoir assisté aux frasques de la (par ailleurs hautement sympathique) famille Bougon?

Dans cet épisode aux répliques assassines désopilantes, Rita Bougon (Louison Danis) joue la fausse agricultrice qui fabrique des «produits du terroir» qu'elle revend à fort prix à une boutique de denrées fines du Plateau. Évidemment, on aura compris qu'il s'agit simplement de prendre de la confiture ou du ketchup ordinaires et de les transbahuter dans des petits pots chic en y ajoutant du poivre. Les émissions de télévision illustrant le «vécu» des participants, style Claire Lamarche, les vendeurs d'automobiles et les restaurants de fast-food passent aussi une très sale demi-heure, aussi sale que le t-shirt de Paul (Rémy Girard, encore une fois au sommet de son art).

Rythme, délire, bonne humeur, vraiment, on se dit qu'ils doivent avoir eu un plaisir dément à tourner tout ça.

Les Bougon

Radio-Canada, 21h