Bernard Drainville en toute liberté à la radio et à la télé

L’ex-député péquiste Bernard Drainville
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-député péquiste Bernard Drainville

Bernard Drainville est un homme comblé. Alors que certains politiciens se retrouvent devant rien après leur départ, l’ex-député péquiste a rapidement été courtisé. Avant même de quitter la politique en juin dernier, il avait été contacté par Cogeco peu après la démission de Pierre Karl Péladeau. Est arrivée peu après l’offre de TVA.

À la mi-août, Drainville prendra la place laissée vacante par Nathalie Normandeau aux côtés d’Éric Duhaime, du lundi au vendredi, à 11 h, au FM 93 à Québec. Dès le 6 septembre, il participera, en direct des studios de TVA à Québec, avec Luc Lavoie à La joute, animée par Paul Larocque, du lundi au jeudi, à 16 h, à LCN. Pour ainsi dire, l’ex-journaliste et animateur de Radio-Canada retourne à ses premières amours.

« Ce que j’ai à apporter, c’est le regard de celui qui a connu à la fois le journalisme et la vie politique, celui qui connaît les jeux de coulisses, qui en a été témoin. Je pense sincèrement que mon expérience politique de tout près de dix ans va faire de moi un meilleur commentateur », avance Bernard Drainville, joint par téléphone.

Au dire de l’ex-politicien, il n’a pas perdu ses réflexes de journaliste. Pour chaque sujet, il promet de vérifier les faits et de recueillir le plus d’information possible afin d’avoir l’opinion la plus éclairée qui soit et de réduire le risque d’erreur qu’implique le direct. « Rigueur, rigueur, rigueur », dirait l’autre.

« Je reprends là où j’ai laissé quand j’ai quitté le journalisme. Là où ça diffère, c’est que je vais pouvoir librement exprimer mon opinion. À Radio-Canada, j’étais assujetti à la règle de l’impartialité. Je ne pense pas qu’un ex-politicien peut prétendre à l’impartialité, mais je dois viser l’équilibre. »

Jeune, Bernard Drainville rêvait de devenir politicien. Journaliste, il rêvait de savoir ce qu’était le caucus. Aujourd’hui analyste politique, il rêve que son expérience en politique active lui permette de bien vulgariser la complexité des enjeux politiques, les rapports de force à l’intérieur des partis et les prises de décision. « Le principe qui m’a toujours guidé, c’est qu’un enjeu n’est jamais trop complexe », croit-il fermement.

Le jupon qui dépasse ?

S’il préfère ne pas commenter le purgatoire de deux ans qu’impose Radio-Canada à ses « revenants » et les critiques sur l’aspect boys’ club de La joute, voici ce qu’il répond à ceux qui croient que son jupon dépassera : « Je ne serai pas un commentateur péquiste. Les convictions indépendantistes et nationalistes que j’avais demeurent les mêmes. Je vais parler aux libéraux, aux caquistes, aux solidaires et aux péquistes pour nourrir ma réflexion et bien asseoir les positions que je vais prendre. »

Bernard Drainville ne s’en cache pas, il piaffe d’impatience de sauter sur la glace afin de débattre avec ses nouveaux confrères. « Paul Larocque, que j’ai côtoyé comme collègue, a une très belle crédibilité, est aimé du public. Luc Lavoie, qui a une expérience exceptionnelle en politique, amène un bagage très intéressant. Avec Éric Duhaime, je pense qu’on va très bien s’entendre et ce n’est pas parce qu’on n’aura pas nos désaccords. »

Si le journalisme ne lui a « presque pas » manqué durant sa vie politique, il n’est pas certain que celle-ci lui manquera : « J’ai été très heureux en politique. Je pense que ça a fait de moi une meilleure personne, mais… je ne me vois pas y retourner. Je ne suis pas capable de vous dire où je serai dans 15 ou 20 ans, mais, dans mon esprit, j’ai tourné la page. »

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