Cogeco se porte au secours de CIBL

Arnaud Larsonneur dans le studio de CIBL, au centre-ville de Montréal
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Arnaud Larsonneur dans le studio de CIBL, au centre-ville de Montréal

Prise avec d’importants problèmes financiers qui menaçaient sa survie, CIBL 101,5, la radio citoyenne de Montréal, reçoit un coup de pouce d’un des plus gros joueurs de l’industrie.

L’empire québécois des télécommunications Cogeco Média, propriétaire de 31 stations de radio, annonçait lundi un soutien financier « hors du commun » pour le diffuseur logé dans l’édifice 2-22 à l’angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent.

« [Cogeco offre] un soutien financier considérable à CIBL pour les trois prochaines années, et ce, à hauteur de 375 000 $, puisés directement dans ses contributions au titre de développement de contenu canadien », affirme Richard Lachance, président et chef de la direction de Cogeco Média, dans une capsule mise en ligne sur YouTube.

« [CIBL] est une voix originale dans le paysage médiatique, et sa disparition nous appauvrirait tous, poursuit M. Lachance. Cette somme servira au développement de nouveaux talents et à la présentation d’une programmation diversifiée. Notre geste vise à assurer la pérennité de CIBL. »

Au téléphone avec Le Devoir, le président de Cogeco Média a assuré ne pas vouloir se mêler de programmation. Les règles du Conseil canadien de radiodiffusion obligent à verser un certain pourcentage des revenus pour développer du contenu canadien. « Après, c’est la responsabilité de [ceux qui reçoivent les dons] », dit-il.

Cette somme servira au développement de nouveaux talents et à la présentation d’une programmation diversifiée. Notre geste vise à assurer la pérennité de CIBL.

 

Financer le plan stratégique

Depuis l’automne 2015, CIBL misait sur la campagne de sociofinancement #JaideCIBL pour se relever. Elle s’est terminée en avril avec un solde de 25 000 $, soit 10 000 $ de moins que l’objectif avoué. Bien supérieur à ces chiffres, l’argent accordé par l’entreprise propriétaire de CKOI et Rythme FM a été obtenu après que la radio communautaire a cogné à sa porte. Les 375 000 $ seront répartis en trois montants, 175 000 $ la première année et 100 000 $ les deux années suivantes.

« Depuis avril, nous mettons en place un plan stratégique de trois ans, qui a pour but de repositionner CIBL comme média de référence de la relève culturelle et musicale montréalaise. Cette somme contribuera à financer une partie de ce plan », explique Arnaud Larsonneur, directeur général de la radio du centre-ville.

L’ancien administrateur de TF1, en France, assure que l’aide de Cogeco ne servira pas à diminuer la dette de la radio.

« C’est la vente, en cours, d’une partie de nos locaux qui devrait nous permettre de liquider complètement notre dette avant la fin de l’année », confie-t-il.

Joint par courriel alors qu’il se trouve en vacances, Arnaud Larsonneur a tenu à affirmer l’indépendance de CIBL. « La programmation de l’automne s’est construite ces derniers mois et elle est en cours de finalisation », écrit-il. Sans donner plus de détails sur le contenu, il indique qu’il s’agira « d’une évolution majeure sur la forme dans le respect de l’identité éditoriale et musicale de CIBL ».

Alors qu’elle vit son 35e anniversaire criblée de dettes, la station a réduit sa masse salariale de près de la moitié. Pour Arnaud Larsonneur, nommé directeur en mars, il est encore tôt pour parler de nouvelles embauches. « Nous nous concentrons actuellement sur notre grille de septembre et sur la production de contenu. Nous verrons [les autres questions] en fonction de nos besoins et de notre capacité à nous financer », dit-il.