À voir à la télévision le mercredi 18 février - Corps et âme, même combat

Comme bien d'autres enfants d'Occident, le plus lointain souvenir que j'aie du karaté remonte à l'incontournable Bruce Lee. Un film sombre, violent, terrifiant pour tout dire, qui s'intitulait La Fureur de vaincre. Sur fond d'inimitié sino-japonaise, Lee passait à la moulinette tout ce qui se mettait en travers de son chemin, et il semblait particulièrement affectionner les adversaires se présentant en paquets de dix ou plus (mais, étrangement, attendant chacun leur tour au lieu d'attaquer en groupe).

Mais bref, les arts martiaux sont énormément plus, et énormément autre chose que les films de kung-fu, et Josette D. Normandeau, une adepte enthousiaste, s'est mise en frais de nous le montrer. Avec un beau livre, À la rencontre des grands maîtres, publié tout récemment aux Éditions de l'Homme, mais aussi avec une série télé en six épisodes, Bushido — littéralement, «la voie du guerrier» —, qui nous entraîne aux quatre coins du monde. À la recherche, pourrait-on dire, de la recherche elle-même, celle de la fusion parfaite du corps et de l'âme que mettent en oeuvre les praticiens des arts martiaux.

Dans ce deuxième épisode, Normandeau débarque dans l'île d'Okinawa, qui appartient au Japon mais a longtemps été soumise à l'influence chinoise, où elle retrouve Jean Frenette, un Québécois exilé qui fut cinq fois champion du monde de karaté. Selon la légende, au XIVe siècle, le roi d'Okinawa aurait ordonné la confiscation de toutes les armes dans l'île et aurait ordonné à ses sujets de trouver de nouveaux moyens de défense à mains nues, d'où la naissance du karaté et d'autres arts similaires.

En observant les experts de la chose, on se familiarise avec un mode de vie à des années-lumière du nôtre. Un mode de vie où la force mentale passe bien avant la force physique et qui est rendu, tout simplement, par l'idée de «méditation en mouvement».

Bushido

Canal D, 21h