À voir à la télévision le jeudi 19 février - Portrait d'un homme blessé

On aurait tort de comparer Monsieur que Francine Pelletier consacre à Jacques Parizeau au film À hauteur d'homme qui abordait la campagne électorale de Bernard Landry, même si les deux documentaires s'éclairent l'un l'autre. Le premier s'inscrit dans la vraie tradition du portrait, suivant Jacques Parizeau sur ses terres du Québec comme dans ses vignobles de France, l'interrogeant assis sur une simple chaise. Francine Pelletier, pour la première fois cinéaste, essaie de percer un homme qui se dérobe souvent.

C'est par ses silences que Jacques Parizeau se découvre, mais aussi à travers son orgueil meurtri, têtu, comme ses peines refoulées mais ici palpables. Les blessures de celui qui se décrit comme un des hommes les plus insultés du Québec percent l'écran et nous touchent. La pudeur de l'ancien premier ministre l'empêche d'en dire beaucoup plus. On lit entre les lignes, et c'est son chagrin qui perce. Il y aura bien évidemment retour sur un certain discours référendaire, que l'homme refuse de renier et qui constitue sa damnation tant il se le fait souvent jeter au visage. Plutôt que de s'excuser et de passer à autre chose, il s'enlise dans ce moment navrant qui le hante comme un mauvais rêve jamais évacué.

Dans ce portrait d'un être seul et buté mais armé de convictions indéfectibles, qui a vécu le référendum comme un échec personnel, Jacques Parizeau apparaît touchant de pudeur, d'orgueil et d'un immense chagrin incompris.

Monsieur

Télé-Québec, 20h