Les rapports se tendent encore plus avec les réalisateurs

Rien ne va plus dans les négociations entre CBC/Radio-Canada et ses réalisateurs en vue du renouvellement de leur convention collective.

Le Devoir a appris que l’Association des réalisateurs (AR) a déposé il y a une semaine une requête en déclaration de « lock-out illégal » auprès du Conseil canadien des relations industrielles, qui a décidé d’entendre le syndicat. L’audition se tiendra le 26 mai. Les raisons précises de cette plainte seront alors exposées.

Les procureurs de RC ont répondu à cette démarche le vendredi 13 mai en soirée en accusant le syndicat de négociation « de mauvaise foi ».

Les rencontres patronales-syndicales se sont quand même poursuivies depuis ces démarches légales témoignant d’une tension croissante. Des échanges ont eu lieu jeudi et vendredi de cette semaine, toujours en présence d’un médiateur.

La direction a par contre encore changé de porte-parole à la table. Il s’agirait du 3e porteur de dossier depuis la première session à l’automne dernier.

Parallèlement, la direction a poursuivi cette semaine la formation de cadres sur un logiciel de montage utilisé au Centre de l’information.

La formation aurait été confiée à un jeune monteur travaillant normalement sur appel. Cet employé est membre de l’autre unité syndicale de la boîte, le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), lui aussi en négociation.

CBC/RC a réclamé et obtenu la fusion de trois de ses quatre syndicats d’employés maintenant regroupés au sein du SCRC. Les réalisateurs ont refusé l’intégration.

L’AR représente moins de 300 membres. Le SCRC en compte plus de 3000.

Les négociations avec les réalisateurs ont débuté l’an dernier. Une quinzaine de rencontres ont eu lieu « dans une atmosphère proche de la guerre de tranchées », décrit une source. Aucun progrès n’a été enregistré, même en présence d’un conciliateur, qui a terminé ses efforts fin avril.

La Presse citait vendredi des sources syndicales indiquant que la direction veut pratiquer une « coupe à blanc » dans la dernière convention collective des réalisateurs. La révolution numérique se retrouve au centre des demandes patronales.

La direction peut décréter un lock-out et les syndiqués peuvent déclencher une grève depuis le 15 mai.

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