Télévision - À l'assaut de la télévision

On dit d'eux qu'ils sont les nouveaux Cyniques. Ce sont surtout les seuls représentants d'un humour politique et social caustique, qui tranche de façon radicale avec celui de tous les autres humoristes québécois.

Avec Les Zapartistes, pas de sketchs sur les relations de couple, pas de personnages inventés représentant l'épais, le mononcle, la fofolle... Non, avec Les Zapartistes on monte au front contre le pouvoir des puissants, au premier rang desquels se trouvent les politiciens, les gens d'affaires et les barons des grands médias.

Il s'agit d'un «cabaret politique»: les quatre Zapartistes montent sur scène et enfilent sketchs et déclarations. Les accessoires sont réduits au minimum, à l'occasion on gratte la guitare. Chaque spectacle s'ouvre par la lecture de leur manifeste: ils sont de gauche, indépendantistes, contre les préjugés, mais cela ne les empêchera pas de se moquer allègrement des imbéciles de gauche lorsqu'ils en trouvent. Mais c'est le seul spectacle en ville où l'on trouve autant de gags dévastateurs sur Jean Charest, Paul Martin... ou Pierre Karl Péladeau.

Ils ont leurs fans fidèles qui les suivent depuis le début. Tous les critiques qui ont vu leur spectacle ont été impressionnés. Mario Clément, l'ancien directeur des programmes de Télé-Québec, caressait le projet d'une série de six ou huit émissions avec eux. Passé à Radio-Canada, Mario Clément leur propose maintenant une heure aux Beaux Dimanches, où pour la première fois Les Zapartistes seront en contact avec un large public.

Le groupe est né au début de 2001 dans un tout petit café de Montréal, L'Aparté, où l'on avait invité une

douzaine d'auteurs à écrire du théâtre

politique. Sept auteurs, comédiens, scripteurs, qui ne se connaissaient pas nécessairement, sont restés pour développer ce concept de cabaret politique, qui évolue sans cesse au gré de l'actualité.

L'un d'entre eux, Denis Trudel, a quitté le groupe l'automne dernier. Les Zapartistes sont maintenant six: Christian Vanasse, Frederic Savard, Geneviève Rochette, François Parenteau, François Patenaude et Nadine Vincent. Les quatre premiers montent sur scène, les deux derniers, non. Mais ils sont tous membres à parts égales du groupe, tous responsables du contenu.

Ils se produisent eux-mêmes et, pour l'émission de dimanche, ils font affaire pour la première fois avec un producteur extérieur, le très puissant Zone3. «On s'attendait au pire, mais ça s'est très bien passé», de dire Nadine Vincent au Devoir. Elle soutient n'avoir subi aucune pression pour modifier le contenu. Le problème du groupe, ce fut plutôt de réduire en 45 minutes de temps d'antenne un spectacle qui en réalité dure deux heures.

Vous pourrez y entendre la lecture du manifeste, une série de nouvelles ironiques sur l'actualité, une parodie mordante des bulletins d'information au Québec et dans le monde. Vous pourrez aussi y voir un Michel Chartrand, imité par un des Zapartistes, livrer un monologue très réjouissant sur les ravages du human interest dans les médias.

Ce spectacle, enregistré à la fin de janvier au Club Soda de Montréal, est en fait une reprise de leur ancien spectacle, Cabaret médiatique, qui s'attaquait beaucoup au monde des médias. Leur nouveau spectacle, Les Zapartistes contre l'Empire, a été créé l'automne dernier et il est actuellement présenté une ou deux fois par semaine au Lion d'Or à Montréal. Le succès est tel qu'on ajoute sans cesse des représentations, et le groupe commence à sortir de la métropole, par exemple le 13 février à Rimouski, à la fin du mois au Théâtre de la Ville à Longueuil ainsi qu'au Petit Champlain à Québec. On en veut encore.

Les Beaux Dimanches: Les Zapartistes

Radio-Canada, dimanche 8 février, 21h.