Une historienne accuse l’Associated Press d’avoir collaboré avec les nazis

New York — L’Associated Press est accusée par une historienne allemande d’avoir collaboré avec le régime nazi entre 1935 et 1941 pour maintenir une présence en Allemagne, assertions réfutées mercredi par l’agence de presse américaine.

Selon l’historienne Harriet Scharnberg, dont l’article a été publié sur le site Zeithistorische Forschungen (études d’histoire contemporaine), l’Associated Press a fait une série de concessions au pouvoir nazi.

L’agence s’est ainsi pliée à la loi sur l’édition (Schriftleitergesetz), entrée en vigueur en 1934, qui imposait à tous les éditeurs de presse de s’abstenir de publier tout ce qui « pouvait affaiblir […] le Reich allemand à l’étranger ou [en Allemagne] ».

En acceptant cette condition, l’AP aurait « octroyé au ministère de la Propagande une influence considérable sur la production de ses photos d’actualité ».

À partir de 1935 et jusqu’à la déclaration de guerre de l’Allemagne aux États-Unis en décembre 1941, l’agence a été le seul média occidental étranger accrédité en Allemagne.

« AP réfute la thèse selon laquelle il aurait collaboré avec le régime nazi à quelque époque que ce soit », a écrit, dans un communiqué publié mercredi, le directeur des relations presse, Paul Colford.

« AP a subi des pressions du régime nazi » entre 1933, année de l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir, et 1941, a-t-il affirmé.

« L’équipe d’AP a résisté à ces pressions tout en faisant de son mieux pour proposer une information exacte, importante et objective pour le monde lors d’une période sombre et dangereuse », a-t-il assuré.


 
3 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 31 mars 2016 06 h 13

    Silence radio ?

    « AP réfute la thèse selon laquelle il aurait collaboré avec le régime nazi à quelque époque que ce soit » (Paul Colford, directeur, relations presse, AP )

    Fr cette « réfutation », une question :

    Si l’AP n’avait pas été accréditée, aurait-elle été publiée ? aurait-elle été libre de liberté de presse ?

    Qu’ajouter ?

    Silence radio ? - 31 mars 2016 -

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 31 mars 2016 07 h 40

    C'est pire de nos jours

    La première loyauté des agences de presse ne va pas à la Vérité, mais à leurs actionnaires. Or ceux-ci veulent des profits.

    De coupure en austérité, on travaille de plus en plus avec des équipes réduites. Et on publie de plus en plus des communiqués à peine retouchés émanant d’entreprises annonçant leurs profits et pertes, d’organismes nationaux ou internationaux.

    Et en matière de politique internationale, les agences de presse occidentales diffusent de la propagande occidentale, les agences de presse russes diffusent de la propagande russe, les agences de presse chinoise… etc.

    Les quotidiens qui n’ont pas les moyens d’avoir des correspondants à l’étranger répètent comme des perroquets les dépêches reçues d’agences de presse. Et c’est ainsi que nous sommes tous abreuvés de la propagande de nos clans idéologiques respectifs.

    Par exemple, au sujet de la guerre en Syrie, le Devoir publie généralement les dépêches de l’Agence France-Presse qui se base sur l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (basé à Londres) pour dénombrer les victimes civiles des bombardements russes tout en ne rapportant jamais les pertes civiles des 10,600 frappes occidentales.

    C’est ainsi qu’on en vient à croire à ces frappes ‘chirurgicales’ tellement précises qu’elles peuvent tuer le djihadiste chez lui, dans son sommeil, sans même réveiller la femme à ses côtés…

  • - Inscrit 31 mars 2016 15 h 58

    Pourquoi nier ?

    Ils ont subi des pressions, mais pas des influences. Ils ont résisté aux pressions, pourtant l'AP fut la seule agence américaine reconnue par le régime nazi jusqu'en 1941.

    Ça ressemble à une chanson souvent jouée. Pourquoi nier l'évidence après tant d'années ? Les responsables de la situation ne sont-ils pas tous morts et enterrés ?

    Comment faire confiance à cette agence après un tel déni? Que cache-t-elle aujourd'hui ?