Le bénéfice net de la télévision privée a doublé en un an

De façon surprenante, les revenus de la télévision conventionnelle au Canada ont progressé de façon importante l'année dernière, alors que le bénéfice net de l'industrie télévisuelle privée a doublé en un an.

Dans un rapport publié hier par le CRTC, à partir des données financières fournies par tous les réseaux de télévision, on apprend en effet que l'ensemble du bénéfice net de la télévision privée conventionnelle au pays a atteint 189,8 millions, contre 95,5 millions en 2002. Depuis cinq ans, le bénéfice de la télévision privée conventionnelle était constamment en baisse: il était de 182 millions en 1999, de 179 millions en 2000, de 131 millions en 2001 et de 95 millions en 2002. Cette baisse correspondait tout à fait à l'augmentation des revenus et des bénéfices de la télévision spécialisée.

Mais la télévision conventionnelle privée semble encore représenter une très bonne affaire. Ses revenus totaux ont dépassé deux milliards en 2003, contre 1,89 milliard l'année précédente, pour des dépenses d'exploitation de 1,7 milliard (1,6 milliard en 2002).

Au CRTC hier on n'avait pas d'explication claire pour justifier une telle hausse des bénéfices en un an, mais la reprise du marché publicitaire l'année dernière pourrait expliquer le phénomène.

La hausse du bénéfice n'est pas un phénomène régional puisqu'elle se produit dans l'ensemble du pays. Au Québec, le bénéfice net de la télévision conventionnelle privée s'est élevé à 41,3 millions en 2003, contre 20,1 millions en 2002, 24,3 millions en 2002 et 45,5 millions en 2000.

L'ensemble des revenus de la télévision conventionnelle privée a atteint 490,9 millions au Québec en 2003, pour des dépenses totales de 412,9 millions.

En Ontario, les revenus totaux de la télévision privée frôlent le milliard, s'établissant à 928,4 millions, avec un bénéfice de 131,5 millions.

Le CRTC calcule également l'ampleur des investissements des réseaux de télévision par secteurs de programmation. Ainsi, l'organisme fédéral fait remarquer que les dépenses allouées aux dramatiques canadiennes ont atteint 117,8 millions, en hausse de 20,8 % par rapport à 2002. Les dépenses pour les émissions d'information connaissent également une hausse, mais moins marquée: les télédiffuseurs privés ont dépensé 300,2 millions pour les émissions de nouvelles et 56,4 millions pour les autres émissions d'information canadiennes, ce qui représente une hausse de 3,3 % pour les nouvelles et de 4,2 % pour les autres émissions d'information par rapport à 2002.

Par contre, les dépenses des émissions des domaines de la musique et des variétés ont «fortement diminué», écrit le CRTC, passant de 24,5 millions en 2002 à 11 millions en 2003, ce qui pourrait apporter de l'eau au moulin à ceux qui trouvent que les télédiffuseurs ne font pas assez pour la musique canadienne.