Mises à pied chez Canoë.ca

C’est au tour du site de nouvelles www.canoe.ca de subir des compressions. Deux gestionnaires de contenus ont été remerciés mercredi matin. Le directeur du site, Alain Iskandar, a été remercié il y a quelques semaines. D’autres postes ont aussi disparu au cours des derniers mois.

Toujours selon les informations obtenues par Le Devoir, Mathieu Lachapelle hérite maintenant de la direction du site. Il occupe un poste de cadre au sein de Québecor Numérique.

Canoë.ca est une filiale de Québecor. L’entreprise ne conserve plus que trois cadres, soit Geneviève Lamy, Éric Larrivée et Bernard Barbeau.

Le site a été fondé en 1996, en version bilingue, à partir de l’acronyme Canadian Online Explorer. À la longue, la plateforme est devenue un service de diffusion du contenu produit par l’agence QMI.

Plus une priorité

Un des deux employés remerciés était gestionnaire des données et des connexions en ligne. L’autre, le journaliste Alain McKenna, s’occupait entre autres choses du site AutoNet. La couverture spécialisée du secteur de l’automobile sera vraisemblablement confiée à un autre journaliste.

« D’un côté, il semble que Canoë.ca n’est plus une priorité au sein de Québecor, résume une personne liée à l’entreprise qui préfère conserver l’anonymat. D’un autre côté, il y avait dans les cartons des projets pour relancer le site cet automne. Chose certaine, s’il survit, il devra être revu et repensé, dans la forme comme sur le fond. »

Le porte-parole de Québecor ne confirme aucune option. « Nous n’avons aucune intention à annoncer aujourd’hui au sujet de l’avenir du site. Canoë demeure un site emblématique et important pour nous », dit au Devoir Martin Tremblay, vice-président des affaires publiques de Québecor.

Il faut relier ce qui arrive ou arrivera à Canoë.ca aux transformations d’une bonne partdes sites d’information au cours des dernières années.

Les médias traditionnels comme radio-canada.ca, tva.canoe.ca ou ledevoir.com demeurent des marques fortes qui attirent de plus en plus de branchements. La tendance mondiale est au site payant. La grande majorité des sites d’information de journaux (77 sur 98 sondés en février) font payer l’accès à leurs productions complètes. La moyenne du prix d’un abonnement est à environ 3 $ par semaine. Le Journal de Montréal, qui négligeait son site autrefois, a maintenant changé de stratégie et offre gratuitement ses informations sur une plateforme très travaillée.

Les portails généralistes d’information comme sympatico.ca, yahoo.com ou canoe.ca n’ont pas résisté ou ont faibli. Par contre, des agrégateurs doublés à des fournisseurs de contenus originaux comme le réseau mondial du Huffington Post prennent du galon et attirent des masses de fidèles sur leurs sites gratuits.