Gros mariage dans la presse italienne

Journaux italiens en kiosque
Photo: Alessandra Tarantino Associated Press Journaux italiens en kiosque

Les groupes éditant deux des principaux quotidiens italiens, La Stampa et La Repubblica, ont annoncé mercredi leur mariage en 2017, créant « l’un des principaux groupes européens du secteur » et provoquant indirectement le retrait du groupe automobile Fiat du monde de l’édition.

L’accord signé par L’Espresso (La Repubblica) et Itedi (La Stampa), une société contrôlée à 77 % par Fiat Chrysler Automobiles (FCA), doit aboutir à la fusion des deux groupes éditoriaux « au premier trimestre 2017 », tout en maintenant les deux titres distincts.

Les deux groupes ont réalisé en 2015 un chiffre d’affaires combiné d’environ 750 millions d’euros (1 milliard $CAN), « avec la meilleure rentabilité du secteur et sans alourdir leurs dettes », fait valoir un communiqué de CIR, maison mère de L’Espresso.

Indépendance éditoriale

La Repubblica, fondée en 1976 par Eugenio Scalfari, tirait en décembre 2015 à plus de 360 000 exemplaires, avec une diffusion papier proche de 250 000, ce qui en fait le troisième journal italien en matière de diffusion (papier et numérique), derrière Il Corriere della Sera, publié à Milan (nord), et Il Sole 24 Ore, le quotidien des affaires.

À la même date, La Stampa tirait à près de 250 000 numéros, avec une diffusion papier de quelque 173 000, faisant du quotidien turinois, né en 1867 et considéré comme la voix de la famille Agnelli, le quatrième journal généraliste italien.

Selon le communiqué de CIR, fondé par Carlo de Benedetti, une fois la fusion effective, la société « restera actionnaire de contrôle, avec une part aux alentours des 43 % du groupe éditorial L’Espresso ».

Cet accord « garantit la pleine indépendance éditoriale » des quotidiens et périodiques édités par les deux groupes. La société qui en sera issue sera dirigée à terme par l’actuelle administratrice déléguée de L’Espresso, Monica Mondardini.

« Cet accord marque une étape importante pour le groupe qui démarre aujourd’hui une nouvelle phase de son développement, garantie d’un futur solide dans un marché difficile », a affirmé Carlo de Benedetti, cité dans le communiqué.

Selon CIR, FCA ne détiendra plus à terme que 16 % de la société née de la fusion, et Itedi seulement 5 %.

Retrait de Fiat

Dans un communiqué distinct, Fiat Chrysler a confirmé sa « décision de concentrer ses propres activités sur le secteur automobile » et de « distribuer à ses actionnaires ses participations détenues dans le secteur éditorial ».

La famille Agnelli, qui a toujours pesé dans le paysage médiatique italien grâce à la puissance de son empire industriel et la fascination exercée par la dynastie engendrée par Giovanni Agnelli, dit « l’Avvocato », n’aura donc plus voix au chapitre lors des conseils d’administration de la nouvelle société.

Ce mariage est la concrétisation des propos du patron de Fiat Chrysler, Sergio Marchionne, qui répétait depuis quelque temps à qui voulait l’entendre que son entreprise était faite pour produire des voitures et non des journaux.