Le New York Times écorche la réputation de la police canadienne

Toronto — Les forces de police canadiennes ont attiré l'intérêt du prestigieux quotidien New York Times, dans la foulée d'une série d'allégations de corruption et d'écarts de conduite.

Dans un article publié dimanche, en pages internationales, l'influent quotidien se penche sur certains scandales récents, laissant entendre que la réputation de la police canadienne en prend pour son rhume.

Il cite notamment un éditorial du quotidien de langue anglaise Toronto Star selon lequel la Gendarmerie royale du Canada «commence à avoir l'air hors de contrôle», à la suite de la perquisition menée au domicile d'une journaliste du Ottawa Citizen. Selon le Times, «de tels commentaires sont rares dans un pays où le brave agent de la GRC à cheval, dans son bel uniforme rouge, est une tradition à laquelle les Canadiens sont très attachés».

Le Times mentionne que le Canada est «fier de son rôle traditionnel de défenseur mondial des droits et des libertés». Mais il poursuit en disant que l'opération de police chez la journaliste Juliet O'Neill, qui avait obtenu des documents secrets sur un citoyen canadien soupçonné de liens avec al-Qaïda, était le dernier d'une série d'épisodes ayant donné lieu à des allégations de pratiques abusives ou de corruption.

D'autres cas

La dépêche rappelle également que deux agents de la police de Vancouver ont été récemment congédiés, et quatre de leurs confrères suspendus, après une enquête sur le passage à tabac de trois individus soupçonnés de vendre de la drogue, l'an dernier.

L'article ajoute que si la plupart des policiers canadiens semblent aussi polis que la majeure partie de la population, l'arrestation, début janvier, de six agents de l'escouade des stupéfiants de la police de Toronto «a choqué les procureurs et les criminalistes locaux». Ce dernier incident rappelle des cas analogues à New York et dans d'autres villes américaines, où des officiers de police sont soupçonnés d'avoir succombé aux tentations que représentent les fortes sommes en jeu dans le trafic de la drogue, tandis que les mécanismes internes de surveillance du travail policier se sont avérés défaillants.

L'article du Times évoque aussi l'enquête fortement médiatisée sur la mort, en 1990, de Neil Stonechild, un adolescent autochtone canadien retrouvé gelé près de Saskatoon. Selon l'article, l'enquête a révélé que la police de Saskatoon avait pour pratique de ramasser les hommes autochtones ivres sur la voie publique pour les abandonner hors de la ville, au grand froid.