Radio-Canada accentue son virage numérique

Radio-Canada a annoncé la création d’une chaîne numérique avec l’animatrice et productrice Véronique Cloutier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Radio-Canada a annoncé la création d’une chaîne numérique avec l’animatrice et productrice Véronique Cloutier.

Signe des temps numériques, Radio-Canada annonce coup sur coup la création de deux nouvelles plateformes en ligne.

Ce jeudi matin, le diffuseur lance officiellement Première Plus, radio Web exploitant ses riches archives tout en proposant du contenu original.

Quelques heures plus tôt, mercredi après-midi, le service public annonçait la création d’une chaîne numérique avec l’animatrice et productrice Véronique Cloutier. Véro.tv sera offerte en exclusivité sur la plateforme Ici Tou.tv Extra (la branche payante) à compter de 2017.

Le nouveau média sera « à l’image des valeurs » de la star québécoise. On y retrouvera des contenus originaux et des acquisitions liés à différents thèmes, la famille, la mode, l’alimentation et l’humour notamment.

La création médiatique s’inscrit dans une entente plus large qui assure un partenariat sur plusieurs années entre la vedette des ondes et le réseau public. Mme Cloutier pilotera la programmation de « sa » chaîne sans s’y retrouver elle-même nécessairement ni même principalement à l’écran.

« Ce ne sera pas juste une chaîne sur moi ou à propos de moi, explique Mme Cloutier en appuyant sur l’audace de la proposition. C’est un pas en avant. On avance vers les plateformes numériques en ébullition. Dans ma carrière, j’aime aller là où on ne m’attend pas. »

L’animatrice avoue préparer son retour sur ICI RC Télé pour l’an prochain sans fournir plus de détails. De même, la grille de Véro.tv ne sera dévoilée qu’à l’approche de sa mise en ligne. On a seulement su qu’elle approuverait les contenus, comme elle se mêle des numéros de son magazine Véro, autoédité. Elle a par contre refusé de présenter la chaîne comme une nouvelle déclinaison d’elle-même comme marque.

« Je ne suis pas une marque, a-t-elle dit. La dernière fois que je me suis présentée comme ça, je me le suis fait reprocher. J’ai bâti quelque chose. L’axe est clair et la création de Véro.tv s’inscrit dans ce parcours-là. »

 

Première Plus

La plateforme radiophonique Première Plus fait référence à ICI Radio-Canada Première, chaîne historique du diffuseur public. La programmation de départ dévoilée mercredi matin exploite les très riches archives du diffuseur remontant aux années 1930 pour mettre l’accent sur les formats longs et les productions de fond.

La première fournée reprend des reportages et des séries sur 11 thèmes : arts, économie, environnement, famille, histoire, politique, réflexion, santé, science, société et sports.

Ce n’est pas tout. La plateforme contient aussi des productions originales. L’animatrice Pénélope McQuade inaugure un premier volet intitulé Parce qu’on est en 2016. Il s’agit d’une enquête sur les insultes en ligne envers les femmes. La journaliste Pascale Lévesque et la sociologue Léa Clermont-Dion, qui ont fait les frais de ces tactiques assassines, témoignent. Élisabeth Mercier et Roxanne Arseneault discutent ensuite de la « réappropriation des injures par les femmes ». Des conseils sont alors prodigués pour faire face à l’amère musique. D’autres sujets seront abordés dans cette série.

L’autre production originale a pour titre La route des 20 : sur les traces d’une génération. Cette fois, c’est Patrick Masbourian qui mène l’enquête pour découvrir les rêves, les valeurs et les habitudes de vie des jeunes dans la vingtaine en 2016. Avec ses invités, il discute amour, sexe, argent, école ou engagement politique. Le premier épisode de huit minutes donne la parole à Zak, 23 ans, transgenre.

Pour le reste, la plongée dans les archives a ramené et lié d’alléchantes productions. Sur le seul thème de la politique, on retrouve déjà plus de 20 sous-thèmes, dont un reportage sur la première trudeaumanie (en 1968), cinq éléments qui remettent en question l’âge du vote et sept sur les pires scandales de l’histoire canadienne.

Le thème de l’histoire enchaîne une première filée d’une trentaine de longues réalisations. Une série documentaire de 10 épisodes s’intéresse aux femmes et à la guerre, une autre reprend les 20 épisodes de la série J’avais 20 ans, une autre encore diffuse 12 numéros de l’émission De remarquables oubliés consacrés aux athlètes.

Le florilège diffuse déjà 16 conférences, dont celles de Serge Bouchard sur « la nécessaire amitié avec les autochtones » et du collègue du Devoir Jacques Nadeau, intitulée Les images qu’il nous reste. Il y a des audiolivres aussi, 13 pour commencer, dont Arvida de Samuel Archibald, Pommes d’Éric Plamondon, L’homme blanc de Perrine Leblanc et Amos Daragon : porteur de masques de Bryan Perro.

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 25 février 2016 08 h 40

    Le privilège

    Le privilège d'un auditeur radiophonique, c'est de pouvoir changer une de fréquence sur son récepteur.

  • Daniel Bérubé - Inscrit 25 février 2016 13 h 46

    Je trouve décevant,

    qu'une chaîne de radio (ou de télévision) considéré comme celle de l'état, ne soit pas disponible pour tous, et ce gratuitement (car n'es-ce pas nos taxes qui leur ont permis ces réalisations ?).

    Je crains qu'arrive un jour la non disponibilité de l'information à tous, et qui à ce moment, devront faire des choix mal éclairés en tant que citoyens ou citoyennes. Je suis d'accord que les chaînes privées et spécialisées soient offertent moyennant des coûts d'abonnement, mais quand il s'agit de produit venant de la télévion ou radio d'état...

    Considérez de plus, en comparaison, la télévision d'il y a 10, 20 ou 30 ans... quantité de station étaient disponible gratuitement, la seule condition étaient d'avoir de la publicité (qui payait presque directement ces émissions). Mais aujourd'hui (ou depuis que les ondes analogiques furent remplacé par le numérique), nous devons payer pour la plupart des stations, MAIS tout en ayant a endurer encore les publicités ! Je considère que le peuple a perdu en ce sens... comme d'habitude !