Le dernier numéro imprimé en semaine sera publié jeudi

Une édition papier de La Presse continuera à être publiée tous les samedis.<br />
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Une édition papier de La Presse continuera à être publiée tous les samedis.

Après 131 années d’existence, le quotidien La Presse tournera une page importante de son histoire le 1er janvier en cessant de publier une édition papier du journal du lundi au vendredi.

C’est donc jeudi que sera publié le dernier numéro imprimé en semaine de La Presse.

Dès le début de l’année, l’application tablette La Presse +, lancée en avril 2013, prendra le relais de l’édition papier en semaine.

Le quotidien de la rue St-Jacques affirme qu’il deviendra du coup le premier journal imprimé au monde à être diffusé uniquement sur support numérique pendant la semaine.

Une édition papier continuera à être publiée tous les samedis.

En entrevue avec La Presse canadienne, l’éditeur adjoint et vice-président à l’information de La Presse, Éric Trottier, assure que le moment est à la réjouissance et non pas à la nostalgie.

« J’ai très hâte qu’on abandonne le papier à La Presse parce que pour moi, ça va être le signe que notre projet de passer à la tablette est un succès », lance-t-il.

Après avoir effectué des coupes dans ses dépenses à l’automne — ce qui s’est notamment traduit par l’abolition de 158 postes, dont 43 au sein de la salle de rédaction —, le quotidien « fera ses frais » en 2016, assure M. Trottier.

« Ça va être une première pour une salle de rédaction de notre importance », souligne-t-il. Les temps sont effectivement plutôt durs pour les médias écrits, mais La Presse se targue d’avoir « trouvé la recette pour assurer son avenir ».

 

La Presse +

Ainsi, l’application La Presse + a su se bâtir un lectorat fidèle, qui oscille entre 225 000 et 240 000 lecteurs par jour, soit trois fois plus que l’édition papier, avance M. Trottier.

Ceux-ci passent en moyenne 40 minutes par jour la semaine à naviguer dans l’application ; un temps de lecture qui s’étire à 60 minutes le samedi et 50 minutes le dimanche.

Ce serait d’ailleurs là la clé du succès du virage numérique de La Presse. Puisque les lecteurs consacrent un temps appréciable à feuilleter les pages du quotidien sur leur tablette, les annonceurs y ont vu une occasion d’affaires.

« Il y a beaucoup de journaux qui ont tenté l’expérience, mais qui n’ont pas compris que le temps d’attention accordée par le lecteur est extrêmement important », relève M. Trottier.

Pour prolonger le temps de lecture, La Presse + a misé sur une mise en page léchée et interactive et sur un contenu de 30 à 40 % plus fourni que celui de l’édition papier.

À l’occasion du dernier numéro papier en semaine de La Presse publié jeudi, le quotidien fera « un clin d’oeil à ses lecteurs », promet M. Trottier.

« On va pouvoir voir les premières unes en noir et blanc très peu graphiques jusqu’aux dernières unes papier en couleur qu’on a faites ces dernières années… jusqu’à la tablette aujourd’hui. »

2 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 30 décembre 2015 17 h 52

    Et après?

    Quand l'effet de la nouveauté fera place à l'accoutumance?

    Elle est belle cette fabuleuse façon de calculer combien de temps on prend.

    Est-ce que ces gens se posaient la question avec le papier? Est-ce vraiment une donnée pertinente? De plus, comment peuvent-ils prétendre avec certitude ce temps de lecture? Est-ce qu'ils ont mis au point un «algorithme», une «applic» pour détecter que les mots sont captés par les yeux du lecteur?

    Tiens? Ils devraient faire une «applic» pour que les lecteurs puissent faire des résumés des articles, pour vraiment bien s'assurer que les articles ont été bien compris!

    Maintenant, ils ne seront plus quand les gens s’en servent pour «partir» un feu. Comme quoi on ne peut pas tout avoir!

  • David Létourneau - Inscrit 30 décembre 2015 21 h 59

    Drôle de «move»

    La Presse est quand même le seul journal qui peut se permettre d'aller dans le mur en shiftant de la 3e à la 4e vitesse, se sachant soutenu par une fortune multimilliardaire diablement déterminée à entretenir les lieux communs dans un esprit résolument fédérateur...

    Mais bien franchement : papier pas papier, il y a tellement de bons journaux à acheter avant la Presse, ils peuvent bien le donner gratis sur tablette. Ça fera toujours un peu plus de place pour les vrais bons journaux dans les kiosques.

    Un peu moins des mots de Dubuc imprimés n'est jamais une mauvaise nouvelle de toute façon.