Fin de la sécurité d’emploi pour les plus jeunes employés

L’édifice du «Journal de Montréal»
Photo: Louise Lemieux L’édifice du «Journal de Montréal»

Action, réaction. C’est notamment pour se préparer à mieux faire face à la sortie du papier de La Presse, à compter de janvier, que la nouvelle convention collective des employés du Journal de Montréal (JdeM) a été négociée promptement. Il n’a fallu que trois séances étalées sur une période d’un mois pour conclure l’accord, entériné par neuf employés sur dix la semaine dernière.

« Comme l'a dit la présidente et éditrice Lyne Robitaille, il fallait aller rapidement pour se préparer en vue du retrait de La Presse en version papier en semaine », dit au Devoir Matthieu Payen de la Garanderie, un des négociateurs du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal (STIJM, affilié CSN). « On nous promettait un statu quo si on arrivait à négocier rapidement, avant Noël. Par contre, l’arrivée de La Presse n’affecte pas notre travail de journalistes. Je crois que le lien se fait avec les annonceurs, par exemple. »

Marché en mutation

Questionnée par courriel, la vice-présidente aux communications de Groupe Média, auquel appartient Le JdeM, revient sur la perspective de la grande dématérialisation du concurrent. « Cette entente nous permet de poursuivre ce que nous avons déjà entamé avec le Syndicat, qui est de concentrer nos énergies sur nos produits, surtout pendant cette période où nous souhaitons saisir des occasions, écrit Véronique Mercier. Nous savons que le marché est en mutation et que nos efforts doivent être ciblés pour bien anticiper les besoins et ajuster notre modèle d’affaires en conséquence. »

La nouvelle entente de quatre ans prévoit des augmentations de 0,5 % la première année, puis de 1 %, 1 % et 1,5 %. Elle n’étend plus la sécurité d’emploi aux syndiqués embauchés après le 4 avril 2011, date officielle du retour au travail après le lockout qui avait duré plus de deux ans et mené à l’élimination d’au moins les deux tiers des quelque 250 postes. Le STIJM rassemble maintenant « presque 80 membres, en comptant les gens de bureau et quelques invalides permanents », dit M. Payen.

Deux types de permanents

La salle de rédaction rassemble une quarantaine de permanents et une vingtaine de surnuméraires. De ce nombre, 33 postes seraient maintenant protégés. « Il y a maintenant deux types de permanents, dit le syndiqué. Ceux arrivés avant le lockout sont protégés nommément. Ils sont une vingtaine. Environ treize autres postes le sont également, mais sans identification de titulaires. Le plancher d’emploi se situe donc à 33 postes. Au-delà, même les permanents seraient menacés en cas de licenciements. »

Mme Mercier refuse de parler de la fin de la sécurité d’emploi. « Il est important de souligner que nous n’avons pas mis fin à la sécurité d’emploi : nous ne l’avons pas étendu, dit-elle. La direction a offert, au contraire, de protéger les acquis concernant la sécurité d’emploi. »

L’entente prévoit aussi l’abolition de trois postes, dont celui du caricaturiste Marc Beaudet. Le blogueur en chef disparaît aussi, mais cela n’a rien à voir avec la signature de la convention, dit la direction. Michel Dumais coordonnait les espaces de commentaires. Ses responsabilités sont transférées à un autre cadre.