Radio-Canada lorgne le centre-ville de Montréal

Cette nouvelle démarche immobilière vient prendre le relais du projet développé depuis le début de la décennie et qui visait la vente de la tour et des stationnements de Montréal dans le cadre d’une stratégie pancanadienne.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Cette nouvelle démarche immobilière vient prendre le relais du projet développé depuis le début de la décennie et qui visait la vente de la tour et des stationnements de Montréal dans le cadre d’une stratégie pancanadienne.

Après l’échec de sa tentative de vendre sa tour et ses terrains de Montréal, Radio-Canada/CBC passe au plan B. Un des scénarios de rechange, sur le point d’aboutir, envisage un déménagement à moyen terme dans des espaces loués au centre-ville.

Toujours selon les informations obtenues par Le Devoir, un appel d’offres a été lancé cet automne auprès des grands propriétaires et promoteurs de la ville. Les besoins à combler par la Maison de Radio-Canada (MRC) seraient de quelque 35 500 mètres carrés.

Le nouveau quartier général serait aménagé spécialement en fonction des besoins actuels et prévisibles du diffuseur. La compagnie bilingue a éliminé plus de 2000 postes depuis 2008 au pays, dont plusieurs centaines à Montréal. Un premier projet de déménagement, développé pendant des années, a échoué au printemps.

La firme de gestion immobilière Avison Young, mandatée depuis mai, aurait finalement retenu huit nouvelles possibilités de location d’espaces. Il a été possible d’en connaître deux, soit la place Bonaventure et le site de l’ancien Spectrum dans le Quartier des Spectacles, où un immeuble neuf est projeté.

« Le mandat d’Avison Young est de nous aider à cerner les opportunités du marché montréalais, explique par courriel Marc Y. Lapierre, directeur général des services immobiliers de Radio-Canada (RC). Cela étant dit, la réceptivité dans le marché est encourageante. Il s’agit néanmoins d’un processus hautement compétitif et, pour ne pas nuire à la continuité de la démarche, nous ne pouvons donner davantage de précision. »

M. Lapierre ajoute que la firme extérieure aide le diffuseur à « cerner les opportunités » sur le marché immobilier, mais lui fournit également les données nécessaires pour « analyser avec plus de précision les options possibles pour relancer le projet et faire le meilleur choix ».

Il ajoute que plusieurs options sont encore envisagées. Elles incluent la rénovation partielle des espaces actuels, la vente du site de l’est combinée à la location d’espaces neufs ou rénovés sur ce même site, ou encore la location « hors site d’espaces existants ou à construire ».

Il dit aussi : « Nous analysons actuellement tous les scénarios. Aucune décision n’a encore été prise quant à l’option qui sera retenue. » Selon une autre source, la décision finale sera prise par le conseil d’administration de la société fédérale dès janvier.

Grille-pain et micro-ondes

Cette nouvelle démarche immobilière vient prendre le relais du projet développé depuis le début de la décennie et qui visait la vente de la tour et des stationnements de Montréal dans le cadre d’une stratégie pancanadienne. Le diffuseur souhaite se départir de la moitié de ses espaces d’ici 2020, soit 200 000 mètres carrés au total. Neuf propriétés ont été vendues depuis 2010, notamment à Sudbury, Moncton, Halifax et Windsor. CBC a loué des espaces excédentaires à Toronto et Vancouver.

Là où il le faut, la société d’État devient locataire, position jugée moins risquée financièrement. La tour montréalaise de 23 étages, entourée d’un terrain de 100 000 mètres carrés, a été inaugurée en 1973 par Pierre Elliott Trudeau. Des rénovations majeures y sont nécessaires.

« La tour est trop grande, elle nous coûte trop cher, on a trop d’entretien à y faire et on a des investissements massifs à faire au cours des prochaines années », résumait en mai dernier, Maryse Bertrand, vice-présidente des services immobiliers du diffuseur public.

Un employé fournit un exemple parlant. Comme le système électrique ne répond plus aux énormes besoins énergétiques d’une entreprise de communication contemporaine, il est interdit de brancher un grille-pain ou un micro-ondes dans plusieurs sections de l’immeuble à moins d’obtenir une autorisation spéciale.

En 2012, trois consortiums ont été retenus pour préparer des propositions d’aménagement du site, y compris par la construction de logements et de commerces. Deux équipes ont retiré leurs plans, et le dernier promoteur en lice n’a finalement pas « adhéré aux objectifs concernant le partage de risque ».

Le directeur des services immobiliers explique que la relance du projet de MRC autour de scénarios alternatifs date de mai dernier. Dans la première version développée autour de consortiums partenaires, la construction devait commencer en 2017 et se terminer en 2019.

Les plans prévoyaient d’abord l’aménagement de quatre studios de production, finalement réduits à deux puis à un seul, le diffuseur voulant externaliser la plupart des productions restantes, sauf celles liées à l’information.

Là encore, M. Lapierre demeure assez vague et refuse de dire quels équipements seraient installés dans la Maison et pour combien d’employés. Il ne veut pas non plus confirmer le besoin en surface de 35 000 mètres carrés cité par deux sources.

« La MRC a été construite il y a plus de 40 ans pour les activités de Radio-Canada [de l’époque], écrit-il. Beaucoup de choses ont évolué depuis ce temps. La télé et la radio ne se font plus de la même façon. Nous devons nous doter d’installations qui correspondent à la capacité financière et aux besoins d’un diffuseur public moderne, numérique et multiplateforme. »

200 000
C’est le nombre de mètres carrés dont souhaite se départir le diffuseur public d’ici 2020, soit l’équivalent de la moitié de ses espaces présents.
8
C’est le nombre de possibilités de locations d’espaces qui auraient été retenus par la firme de gestion immobilière Avison Youngs. Parmi ceux-là figureraient la place Bonaventure et le site de l’ancien Spectrum dans le Quartier des Spectacles, où un immeuble neuf serait projeté.
1 commentaire
  • Guy Beaumont - Abonné 7 décembre 2015 10 h 46

    Monsieur PDG, vous devez expliquer maintenant votre projet perdant

    N'ayant pas la compétence requise pour gérer un immeuble, vous manquez de vision à long terme pour Radio-Canada. Au lieu d'attendre après la vente pour nous fournir des explications douteuses, expliquez maintenant votre projet désavantageux.

    Or, tout ce qu'on dit, c'est qu'on ne peut pas brancher de toaster partout dans l'édifice; mais il y a une cafétéria fonctionnelle dans votre immeuble. La climatisation doit être améliorée? Des locaux sont inutilisés? Demandez des idées aux citoyen(ne)s.

    Nous devons utiliser notre patrimoine bâti pour sauver l'environnement, car il serait inutile de construire un seul nouveau studio quand vous avancez qu’on en a déjà trop. Le patrimoine SRC appartient aux canadien(ne)s, vous n'êtes pas indépendant(e)s.