Radio-Canada a la cote, au-delà des allégeances

Une forte majorité de citoyens mise sur Radio-Canada/CBC (72 %) et le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (60 %) pour « protéger la culture et l’identité canadiennes à la télévision ».

À peine un répondant sur dix (12 %) conseillerait à son député de voter pour la diminution du financement de RC. Même les électeurs conservateurs se déclarent contre les compressions financières imposées au diffuseur public.

En plus, huit Canadiens sur dix (79 %) jugent que les entreprises de diffusion étrangères à la Netflix devraient être assujetties aux mêmes règles que les entreprises canadiennes qui relaient des émissions par câble et par satellite. Le système national force notamment les distributeurs à soutenir la production d’émissions originales.

Ces positions en faveur du système de soutien national de la radio et de la télévision ressortent d’un vaste sondage commandé à Nanos et diffusé ce mardi par trois organismes : l’Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists (ACTRA), le syndicat Unifor et Les Amis de la radiodiffusion canadienne. L’enquête vise à stimuler les questionnements autour du secteur des communications dans le cadre de la campagne fédérale.

« Dans le contexte de l’élection, nous avons eu l’intention de poser des questions aux Canadiens concernant la radiodiffusion publique, la télévision locale, le rôle du CRTC et d’autres enjeux », dit au Devoir Ian Morrison, porte-parole des Amis de la radiodiffusion, un groupe de défense du diffuseur public. « Franchement, pour nous, il n’y a aucune surprise dans les résultats : nous avons fait des études semblables dans le passé. Les données sont maintenant rafraîchies et une des révélations fortes, c’est que tous les groupes interrogés se disent favorables au diffuseur public, les hommes comme les femmes, même les supporteurs du Parti conservateur lui sont favorables. Le gouvernement Harper, évidemment, n’est pas du même avis. »

L’enquête montre que 57 % des partisans conservateurs font confiance à RC/CBC pour protéger la culture et l’identité nationales. La moyenne canadienne est à 72 %. Près de 56 % des électeurs conservateurs jugent qu’il est « très ou assez important que les réductions du gouvernement Harper à Radio-Canada soient annulées ».

Voici d’autres faits saillants du sondage :

Télévision. Les deux tiers des Canadiens se disent satisfaits de l’offre de programmation américaine. Un peu plus de la moitié préférerait améliorer la qualité des émissions de télévision existantes plutôt que de recevoir de nouvelles chaînes, le choix de 10 % des répondants.

CRTC. Une majorité écrasante trouve que le Conseil doit assurer le meilleur rapport qualité-prix des services de télécommunication (94 %), protéger une concurrence « suffisante pour protéger la liberté d’expression et la démocratie » (95 %) et protéger la culture et l’identité canadiennes face à la puissante influence américaine (90 %).

Services à la carte. Trois Canadiens sur cinq ne veulent pas exempter les entreprises de diffusion étrangères de l’obligation de contribuer au financement d’émissions canadiennes. Pour l’instant, Netflix ne fournit aucune contribution.

Québec/Canada. Les Québécois et le reste des Canadiens partagent souvent les mêmes avis sur l’ensemble des questions.

RC fait son propre malheur, dit Harper

C’est la chute des cotes d’écoute plutôt que la baisse des subventions gouvernementales qui explique les difficultés de Radio-Canada (RC)/CBC, selon le premier ministre Stephen Harper. Il a proposé cette explication dans le cadre d’une entrevue accordée lundi à CHOI Radio X. L’entretien de 17 minutes a été enregistré vendredi. L’animateur Dominic Maurais a questionné le chef conservateur sur le groupe de pression Les Amis de Radio-Canada qui réclame une hausse de l’enveloppe annuelle remise au diffuseur public. « La raison pour laquelle il y a des difficultés à RC, ce ne sont pas les coupes de notre gouvernement, a répondu le premier ministre. La raison, c’est la perte des téléspectateurs de RC, et c’est un problème que RC [doit] régler. »
2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 29 septembre 2015 01 h 13

    Quoique l'on fasse il y avait Toronto et Montreal

    C'est normal que Radio-Canada ait plu, il a sorti le Canada du moyen-age, il faudrait relire les rapports des militaires qui furent a l'origine de sa fondation, le seul reproche que l'on peut faire a Radio Canada c'est que la concuence americaine n'a pas permis partout au Canada des bénifices équitables, peut etre aurait- il fallu que le gouvernenment canadien intervienne mieux pour que ca ne devienne pas une concurence déloyale, mais les marchés étant ce qu'ils sont ce fut toujours plus ou moins réussis, il y avait de faits Toronto et Montreal

  • Guy Beaumont - Abonné 29 septembre 2015 10 h 58

    Un CA Ici Radio-Canada formé de cancres gestionnaires

    Selon Harper, il n’y a jamais eu de coupe des subventions à Radio-Canada, ça signifie que les partis d’opposition ont tiré dans le vide depuis 1 an et demi avec leurs pleurnichages sur les compressions, c’est seulement la valeur de l’argent qui a fluctué.

    Or, prenons l'exemple de L'Union Fait La Force, une émission créée ici qui disparaît au profit d'une émission achetée ou louée de NBC, probablement en dollars américains, ça doit avoir une incidence sur leur budget quand le dollar canadien baisse.

    Toutes les campagnes qui prétendent défendre Radio-Canada sont tombées dans le panneau. Il est temps pour la direction d’Ici Radio-Canada de s’améliorer en gestion immobilière et d’annuler son projet de vente perdante de la Maison Radio-Canada.