La Presse mettra fin à sa version papier en semaine dès 2016

Photo: Le Devoir

À l’exception du samedi, les adeptes de la version papier de La Presse devront se tourner vers leurs tablettes électroniques à compter du 1er janvier s’ils veulent continuer à lire le quotidien montréalais.

Deux ans et demi après le lancement de La Presse +, développée au coût d’environ 40 millions, la direction du journal a effectué mercredi un pas de géant dans sa migration vers le numérique.

Le président et éditeur de La Presse, Guy Crevier, a confirmé cette nouvelle, qui était attendue, au cours d’une rencontre avec les employés du quotidien. Il a ensuite fait valoir qu’après 131 ans, la version papier n’était plus aussi performante que La Presse +.

Citant des données de la firme Crop, M. Crevier affirme que plus de 460 000 personnes consultent la version numérique du quotidien de façon hebdomadaire.

Le déploiement de l’édition pour tablettes par le quotidien de la rue Saint-Jacques s’inscrivait dans un contexte généralisé d’un recul des revenus publicitaires à travers les médias traditionnels.

« Les nouvelles sont encourageantes, a expliqué le président du syndicat de la rédaction, Charles Côté. On nous a dit que La Presse + était une entreprise viable. »

Selon certaines informations, La Presse + générerait près de 60 % des revenus du quotidien, une proportion qui pourrait atteindre 77 % d’ici la fin de l’année.

Cette migration numérique entraînera toutefois une importante réorganisation au sein de l’organisation et risque vraisemblablement de se traduire par des licenciements.

Si la rédaction, qui compte quelque 300 personnes, risque d’être épargnée, selon M. Côté, la situation pourrait être différente du côté de certains autres secteurs, comme la distribution.

« Il y a quelques années, le syndicat qui représentait les camionneurs comptait plus de 200 membres et aujourd’hui ils sont 35, précise-t-il. Ils viennent d’apprendre que c’est terminé le 31 décembre. »

Des rencontres sont prévues le 24 septembre afin de faire le point avec les cinq syndicats à La Presse, ce que déplore M. Côté, puisque cela provoquera de l’incertitude pour une semaine dans certains secteurs du quotidien.

L’imprimeur Transcontinental (TSX : TCL.A), qui avait reçu 31 millions de La Presse en 2014 afin de lui fournir une plus grande flexibilité, constatera également une baisse du volume d’impression à son usine montréalaise de Pointe-aux-Trembles, où travaillent environ 80 personnes.

« Nous avons rencontré nos employés pour leur expliquer […] que nous allons évaluer la situation au cours des prochaines semaines pour minimiser cet impact », a indiqué le chef des communications de Transcontinental, Sylvain Morissette.

Il a rappelé que le volume d’impression à l’usine de Pointe-aux-Trembles demeurait important, notamment grâce aux hebdomadaires, le journal Métro ainsi que de nouveaux contrats, comme celui pour le quotidien anglophone The Gazette.

La disparition de la version papier de La Presse avait entre autres été évoquée en mai 2014 par la direction de Power Corporation (TSX : POW), la société mère de l’éditeur, à l’occasion de son assemblée annuelle.

Gesca, filiale de Power Corporation, a depuis décidé de se départir de ses six quotidiens régionaux en les vendant, le 18 mars dernier, à Groupe Capitales Médias, une société dirigée par l’ancien ministre libéral Martin Cauchon, pour un montant non dévoilé.
 

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