Lancement d’une Fondation Raïf Badawi

La femme de M. Badawi, Ensaf Haidr, cofondatrice de la fondation.
Photo: Annik MH De Carufel, Archives Le Devoir La femme de M. Badawi, Ensaf Haidr, cofondatrice de la fondation.
Des gens qui appuient la cause de Raïf Badawi viennent de lancer la Fondation Raïf Badawi pour la liberté, qui aura pour but de promouvoir la liberté de presse et d’expression.

La fondation a déjà comme membres honoraires le prix Nobel Desmond Tutu et l’écrivain Salman Rushdie, a précisé sa directrice générale et cofondatrice Évelyne Abitbol, au cours d’une rencontre avec la presse vendredi à Montréal.

L’autre cofondatrice est l’épouse de M. Badawi, Ensaf Haidr, qui se trouvait d’ailleurs en Allemagne pour y rencontrer des représentants et qui s’est brièvement adressée aux médias de Montréal par vidéoconférence.

La fondation doit aussi se consacrer à faire de l’information, de l’éducation, en organisant des ateliers, des conférences et des colloques pour soutenir la recherche. Elle veut intervenir «dans le respect des différences et des cultures», a souligné Mme Abitbol. Elle est aussi décrite comme «une plateforme ouverte dans le monde arabe» à l’intention des journalistes et des blogueurs et veut même promouvoir l’émergence de ces métiers dans leur pays respectif.

Bien que toujours emprisonné en Arabie saoudite, M. Badawi a été nommé président honoraire de la fondation, a souligné Mme Abitbol. Elle ne croit pas que cela puisse lui nuire.

«Ce qu’il prône dans son livre, c’est exactement l’objet de cette fondation-là. Il ne s’écarte pas. Il est emprisonné pour cette raison-là. Il subit. Nous sommes ici au Canada, nous sommes dans un pays occidental et nous devons continuer à le défendre par rapport à toutes les idées qu’il prône», a expliqué Mme Abitbol.

M. Badawi n’était d’ailleurs même pas au courant qu’il avait été désigné président honoraire d’une fondation qui porte son nom, au moment de la rencontre de presse, mais il devait l’être dans les heures qui suivaient, a pris soin de noter Mme Abitbol.

M. Badawi est emprisonné depuis juin 2012 et a été condamné à recevoir 1000 coups de fouet pour insulte à l’islam et apostasie.

Mme Abitbol en a profité pour lancer une invitation aux chefs des principaux partis politiques en campagne électorale au Canada, afin qu’ils prennent position en faveur de la liberté de presse et qu’ils proposent des mesures pour accélérer la libération de M. Badawi.

La candidate néodémocrate Hélène Laverdière était d’ailleurs présente à la conférence de presse.

La fondation sollicite également des dons du public pour mener à bien sa mission ; elle a d’ailleurs déjà un site Web qui porte son nom, Fondation Raïf Badawi.