Capitales Médias s’entend avec ses journaux

Les 17 syndicats représentant des employés des secteurs de la rédaction, de la vente, du service à la clientèle et de la production se sont entendus avec Groupe Capitales Médias, dirigé par l’ex-ministre libéral Martin Cauchon.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Les 17 syndicats représentant des employés des secteurs de la rédaction, de la vente, du service à la clientèle et de la production se sont entendus avec Groupe Capitales Médias, dirigé par l’ex-ministre libéral Martin Cauchon.

Après des mois de négociations, le Groupe Capitales Médias (GCM) est parvenu à s’entendre sur un contrat de travail de quatre ans avec les syndicats des employés des six journaux acquis en mars dernier des mains de Gesca. L’entente de principe, qui prévoit un programme de départs volontaires, doit maintenant être soumise au vote des membres.

Au terme d’une quinzaine de rencontres, les 17 syndicats représentant des employés des secteurs de la rédaction, de la vente, du service à la clientèle et de la production se sont entendus, mercredi dernier, avec GCM, dirigé par l’ex-ministre libéral Martin Cauchon.

La nouvelle convention collective, qui a fait l’objet d’une négociation regroupant tous les journaux, a déjà été approuvée par 7 des 17 syndicats concernés. Elle a été entérinée par des syndicats provenant du Nouvelliste (Trois-Rivières), du Quotidien (Saguenay–Lac-Saint-Jean), de la Tribune (Sherbrooke), de la Voix de l’Est (Granby) et du Soleil (Québec). Les employés du Droit (Gatineau-Ottawa) devraient avoir leur mot à dire au début du mois d’août.

Le nouveau contrat de travail de quatre ans arriverait à échéance le 31 décembre 2018. Il prévoit qu’une quarantaine de personnes provenant de l’ensemble des six quotidiens quittent leur poste d’ici le 31 décembre 2015 grâce au programme de départs volontaires.

Le président du syndicat des employés du Quotidien, Louis Tremblay, décrit l’entente comme un « beau projet ». Jeudi dernier, les employés de bureau et de la rédaction du journal pour lequel il travaille ont unanimement appuyé le nouveau contrat de travail. « Les gens reprennent confiance en l’avenir des journaux, affirme-t-il en entrevue. Il ne faut pas oublier que tout le secteur des journaux ne va pas très bien. Tout le monde essaie de trouver la recette-miracle. On avait donc besoin de mener une négociation intelligente pour trouver un compromis et épargner les jeunes. »

Mission préservée ?

Les sources consultées par Le Devoir n’ont pas voulu s’étendre sur les détails de l’entente, par respect pour les syndicats qui ne se sont pas encore prononcés.

M. Tremblay a néanmoins fait savoir que l’accord contient des « particularités locales » qui concernent spécifiquement chaque quotidien du groupe. Une clause permettant aux six journaux régionaux et à Gesca, propriétaire de La Presse, d’échanger des textes et de la publicité est également maintenue dans la nouvelle entente, précise-t-il. « On ne peut pas penser être un groupe de presse sans avoir une antenne à Montréal. »

Pour ce qui est de l’avenir des journaux acquis par Groupe Capitales Médias, le représentant syndical est heureux de constater que Martin Cauchon et son équipe semblent vouloir conserver leur mission d’origine. Il serait notamment question de bâtir un réseau de chroniqueurs au sein des quotidiens de GCM et de préserver la place accordée aux nouvelles locales.

Même si ces objectifs ne sont pas détaillés dans l’entente qui devrait entrer en vigueur lorsque tous les syndicats auront pu en prendre connaissance, M. Tremblay note un « important changement de ton » dans les négociations qui ont lieu avec GCP, comparativement à celles qui se sont déroulées avec Gesca.

Du côté de Groupe Capitales Médias, on n’a pas voulu confirmer lundi la conclusion d’une entente de principe. « Il est trop tôt pour conclure quoi que ce soit », s’est contentée de répondre la responsable des communications du groupe, Johanne Mongeau.